Mons

Plutôt que de partir à Bruxelles, Hugo Deghilage a voulu combler un vide dans la Cité du Doudou.

Il est passionné de cinéma et roule sa bosse dans le milieu depuis 5 ans. Mais depuis quelques mois, c'est à Mons qu'Hugo Deghilage vole de ses propres ailes. Il y a créé une société de production, Taka. Une première dans la région. Son boulot? "Un producteur va chercher l'argent nécessaire pour faire un film auprès de différents guichets comme la Fédération Wallonie-Bruxelles ou Wallimage", explique le Montois. "Il y a des tas de gens qui ont des idées et du talent. Mais il faut une structure pour pouvoir les rassembler dans une sorte de bouillon de culture qui va permettre d'accoucher d'un projet. C'est le rôle d'une société de production."

C'est le destin qui a conduit Hugo sur cette voie-là. Passionné de cinéma, il tente l'INSAS pour devenir réalisateur, mais loupe le coche. Déçu, il revient sur ses terres montoises pour suivre des études de gestion. À l'occasion de Mons 2015, il travaille avec des réalisateurs sur des courts-métrages autour de l'exposition Van Gogh. C'est alors qu'on lui glisse qu'il a le profil idéal pour bosser comme producteur. Une société l'engage à Bruxelles.

"J'y travaille toujours, mais je m'occupe surtout de l'administratif. Je voulais développer davantage l'aspect artistique du métier de producteur et j'ai donc lancé ma propre société. Au début, je pensais m'installer à Bruxelles, car c'est là-bas que tout se passe. Et puis finalement, j'ai vu le fait qu'il n'y avait rien à Mons comme une opportunité."

La société existe depuis quelques mois. Elle est installée à l'étage d'un bâtiment de l'IDEA à la rue du 11 novembre. Comme voisin de palier, Hugo peut compter sur un compositeur de musique de film et Wallimage qui, désireuse de développer une industrie du cinéma en Wallonie, a particulièrement bien accueilli l'initiative d'Hugo.

De son côté, le Montois ne regrette pas d'avoir renoncé à un exil vers la capitale. "Il y a beaucoup de forces vives dans la région pour le cinéma. De nombreuses personnes ont du talent et, une fois qu'elles veulent prendre de l'élan, décident de partir à Bruxelles parce qu'il n'y a rien par ici. C'est ces personnes-là que je veux pouvoir rassembler. Et depuis que je suis installé, j'ai déjà fait de belles rencontres."

L'histoire du cinéma made in Mons est peut-être en train de s'écrire sous nos yeux. Hugo espère de son côté avoir donné le coup d'envoi d'un cercle vertueux. "Plus il y aura de sociétés, plus ce sera stimulant." En attendant, Taka a déjà coproduit Chien pourri, une série d'animation qui sera diffusée l'année prochaine sur la RTBF et France Télévision. Un autre projet devrait l'avoir le jour: un long-métrage d'animation pour adulte où oursons et licornes s'affrontent pour croquer les travers de notre société. Ça s'annonce plutôt bien pour Taka.