Le concept est totalement innovant et répond à une réelle urgence environnementale.

100 % wallonne, la capsule B-CAP pourrait bien révolutionner le monde de la consommation. Pensée par BNOVA, une start-up monto-namuroise, cette petite capsule est remplie d’un actif liquide ou en poudre qui se mélange à l’eau dès qu’elle est vissée sur une bouteille ou un flacon. Rechargeable, elle permet de réduire considérablement la consommation de bouteilles et de flacons en plastique.

Alors qu’en 2016, l’industrie a produit 480 milliards de bouteilles de plastique dans le monde, que le cap des 500 milliards pourrait être passé en 2021 et que chaque année, quelque 13 tonnes de plastique se retrouvent dans les océans, trouver des solutions relève de l’urgence.

“Des solutions simples, immédiates et évidentes existent : il faut changer nos habitudes de consommation bien sûr mais aussi arrêter de systématiquement jeter des contenants qui pourraient être réutilisés et cesser de transporter l’eau. Un produit détergent par exemple utilise un très faible concentré d’actifs, que l’on mélange à une grande quantité d’eau. Ce que nous proposons, c’est de capturer et vendre uniquement ce concentré d’actifs”, explique Jean-Claude Guéry.


Pour l’environnement, l’impact est indéniable. Petites et légères, ces capsules peuvent être transportées en très grande quantité en un seul trajet et donc diminuer drastiquement le nombre de camions sur nos routes et les émissions de CO2. Elles sont par ailleurs 100 % recyclables, produites avec un seul matériau (du polyéthylène basse et haute densité) et comprennent déjà 20 % de plastique recyclé.

Pour l’industrie, le coût en eau, en énergie et en espaces de stockage est également réel. Pour le consommateur enfin, elles délivrent la juste dose du principe actif, permettent une consommation optimale des ingrédients, sont faciles d’utilisation, légères et transportables. Bref, les avantages ne manquent pas.

De nombreuses entreprises se sont d’ores et déjà tournées vers BNOVA. Le marché est vaste (pharmacie, compléments alimentaires, produits diététiques, entretien, cosmétique, boissons,…) et en pleine expansion. “Aujourd’hui, quatre capsules de produits finis sont commercialisées, trois le seront prochainement”, ajoute Corinne Herlin. “Chaque année, nous devons développer de nouveaux bouchons pour nous adapter à davantage de contenants.” Pour l'heure, les capsules sont surtout disponibles en pharmacies et parapharmacies. Elles devraient à terme faire leur apparition un peu partout, notamment dans les grandes surfaces.

Entre les premiers contacts avec le client et le développement de la capsule, de 12 à 18 mois sont nécessaires. Quelque 10 millions de capsules seront produites cette année et le double en 2020. Le concept, pensé en 2011, a encore de beaux jours devant lui. D’autant plus que le marché est mondial (60 % d’exportation) et que jusqu’ici, aucun concurrent direct n’existe.