Les travailleurs ont assisté à l'audience ce lundi matin

Les travailleurs de l'usine saint-ghislanoise Belref n'ont plus grand espoir. Ce lundi matin, le tribunal du commerce de Mons s'est en effet penché sur la Procédure en Réorganisation Judiciaire (PRJ) et le transfert d'une partie de l'activité dont elle fait l'objet aujourd'hui. À l'issue de l'audience, après avoir entendu le plaidoyer des deux parties, beaucoup ont le sentiment que le combat est perdu.

« J'ai effectivement l'impression que Domenico Léone pourra faire les choses telles qu'il les a prévues, en partant sur une microstructure et en conservant peu d'emplois », regrettait un ouvrier qui préfère rester anonyme. « J'ai très peu d'espoir car personne ne semble vouloir comprendre qu'il est impossible de faire tourner l'entreprise avec 17 travailleurs. » Présent dans l'usine depuis plus de 20 ans, ce dernier, âgé d'une cinquantaine d'années, sait qu'il devra rechercher de l'emploi. « Nous ne sommes plus tout jeune, ce ne sera pas évident. »

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Face au tribunal et devant une partie du personnel, Me Moury a tenté de faire comprendre à chacun que le nombre d'emplois sauvés était insuffisant. « Selon les connaissances des travailleurs, et ils sont les plus à mêmes à en parler, il faut entre 35 et 40 emplois pour assurer l'activité. Ce que l'employeur semble comprendre puisque déjà, il a annoncé qu'il aurait recours au travail intérimaire. »

Un non-sens, selon l'avocat. « Nous demandons la conservation des contrats à durée indéterminée avec une possibilité d'être placé en chômage économique et non en chômage tout court, ce qui coûtera bien plus cher à la société. » Et d'ajouter que « dans ce dossier, nous avons l'impression que les dés étaient pipés d'avance, que nous avons été mis devant le fait accompli, avec des délais trop courts que pour pouvoir permettre à d'autres repreneurs potentiels d'exprimer une volonté de reprise. »

Il est vrai que pour que l'offre du groupe SGI (dont Domenico Léone est à la tête) tienne, le tribunal doit rendre son verdict pour le 31 mars, soit avant vendredi. « Des démarches ont été entreprises auprès de repreneurs potentiels mais certaines difficultés ont fait qu'aucune n'a abouti », souligne Me Dehaene. De son côté, Me Brulard a rappelé que de nouveaux emplois, en plus des 19 sauvés, pourraient être créés si la rentabilité de l'activité et la conjoncture le permettaient.

Le verdict devrait être rendu jeudi. En attendant, les travailleurs retiennent leur souffle.