Les organisateurs de festivals de musique sont lassés de guetter en vain des perspectives pour l'été. Attendant toujours de savoir s'ils pourront organiser des événements de plus 5.000 personnes et dans quelles conditions, demandant toujours des aides plus substantielles calquées sur la Flandre, la Fédération des festivals de musique Wallonie-Bruxelles (FFMWB) s'est fendue ce lundi matin d'un communiqué qui témoigne d'une colère grandissante.

Aux nombreuses questions soulevées par les festivals, nous avons demandé une réaction du cabinet de la ministre de la Culture. Bénédicte Linard reconnait que le secteur est violemment touché par la crise, mais renvoie au Comité de Concertation qui "doit pouvoir se prononcer rapidement sur la question des festivals."

La ministre rappelle que des rencontres ont régulièrement lieu avec les représentants des festivals pour construire des protocoles dédiés pour cet été. "Des propositions concrètes ont été faites. Le Comité de Concertation doit trancher sur la possibilité d’organiser - ou non- , des évènements de masse cet été. Si les festivals ne peuvent avoir lieu dans leur format classique, des alternatives sont possibles. Il faudra se montrer créatif et imaginer des événements similaires à une autre échelle, avec peut-être moins de monde, ou avec des publics qui ne se croisent pas entre les scènes, chaque scène étant une sorte de ‘bulle’…. Ils doivent en tout cas avoir une idée de leur sort rapidement afin d’entamer la production de leurs événements. Sans perspectives sûres, il n’est pas envisageable que des investissements conséquents soient engagés."

Quant aux aides que la FFMWB voudrait calquées sur le nord du pays, le cabinet de la ministre précise qu'en Flandre, communauté et région sont fusionnées. Et les fonds débloqués pour les festivals proviennent en partie de fonds liés au tourisme et à l'économie. Les choses sont organisées différemment côté francophone où doivent se combiner les aides de la FWB et celles des Régions wallonne et bruxelloise.

Une réponse qui ne calmera sans doute pas la colère des organisateurs de festivals. Déjà évoquée dans des réunions de travail, elle avait fait réagir Damien Dufrasne du Dour Festival qui nous confiait se moquer de savoir de quels cabinets viennent les aides. Les organisateurs appellent les responsables politique à accorder leurs violons et à prendre des mesures de soutien dignes de ce nom.

Le cabinet de la ministre ajoute tout de même que la Fédération Wallonie-Bruxelles maintiendra ses subventions comme en 2020, et que celles-ci pourront être majorés jusqu'à 20% afin de compenser les pertes de recettes ou de couvrir les surcouts liés aux mesures sanitaires. Enfin, une "cellule festivals" a été mise en place pour soutenir spécifiquement les festivals qui seraient en difficulté et les aider, par exemple, à réorganiser leurs évènements à plus petite échelle. Au-delà de l'enveloppe de 1,5 million d'euros déjà prévue, des budgets supplémentaires pourraient ainsi permettre d'organiser des événements à plus petite échelle. "Dans ce cadre, il serait intéressant d’avoir un focus sur les artistes belges, par exemple", précise-t-on au cabinet de la ministre. Ça tombe bien, les grandes tournées des stars internationales sont toujours au frigo…