Les conséquences de la crise sanitaire semblent définitivement sans limite. Depuis ce lundi matin, ce sont les navetteurs qui en font les frais puisque la SNCB a été contrainte de supprimer certains trains, faute de personnel suffisant. Ces trains P longue distance vont vers Bruxelles et en reviennent et sont donc majoritairement empruntés par des travailleurs qui rejoignent la capitale. Tous ont été avertis dès vendredi de ces désagréments.

"Il s’agit d’un plan structuré de réduction de l’offre, temporaire, et lié à l’indisponibilité de certains membres de notre personnel qui se retrouvent en quarantaine ou qui ont été contaminés par le coronavirus", explique Marianne Hiernaux, porte-parole de la SNCB. "À l’heure actuelle, une vingtaine de trains sont concernés sur les 3800 du réseau. Dans la région de Mons-Borinage, on en compte plusieurs : ceux de 5h26 et 6h26 au départ de Quiévrain et celui de 6h33 qui démarre de Mons pour rejoindre Schaerbeek."

Le train de 7h04 à Quévy est également concerné, ce qui a donné lieu à quelques coups de gueule alors que la petite commune rurale est déjà mal desservie en transports en commun. Cette ligne est par ailleurs l’une des plus fréquentée, puisqu’elle l'est tant par les travailleurs que par les étudiants, désormais contraints de quitter leur domicile plus tôt ou de prendre le risque de prendre le train suivant et d’arriver en retard. "Il n'est tout de même pas normal que nos enfants soient obligés de prendre le train d'avant 7 heures pour rejoindre Mons, alors que les cours ne débutent qu'à 8h10", regrette une maman. Globalement, certains reprochent à la SNCB d'agir sur les trains d'heures de pointe et de provoquer une surcharge au niveau d'autres trains, contraignant les navetteurs à se serrer davantage en pleine pandémie.

"Ces trains P sont complémentaires à l’offre de base, les navetteurs ont donc toujours des alternatives. Ils ont été ciblés justement pour cette raison. La fréquentation actuelle de ces lignes, couplée aux nouvelles mesures de télétravail, nous laissent penser que le flux de voyageurs pourra être absorbé malgré la diminution de l’offre." Ce lundi matin, certains navetteurs ne semblaient pas être de cet avis, précisant que certains trains étaient bondés.

"Il s’agit vraiment d’une mesure provisoire. Nous tentons d’anticiper au mieux la situation pour éviter les retards : supprimer d’emblée un train et en avertir les voyageurs nous permet d’éviter de faire face à une absence imprévue du personnel." Les navetteurs réguliers, qui disposent d’un abonnement, ont été avertis des changements. Pour les autres, la SNCB leur conseille de se référer au planificateur de voyage. Le taux d’indisponibilité des accompagnateurs de train est pour l’instant de 14%.