Amputé de sa tour ouest durant la Seconde Guerre mondiale, le château de Boussu s’apprête à retrouver un certain équilibre. En effet, la troisième phase des travaux de rénovation se profile. Et elle va pouvoir compter sur le soutien financier de la Région wallonne.

Elio Di Rupo et Valérie De Bue étaient présents ce mardi matin à Boussu pour annoncer de nouveaux subsides. En novembre dernier, la ministre du Patrimoine avait déjà indiqué qu’un montant de près de 350.000 euros serait accordé à la rénovation du château. Cette fois, c’est avec sa casquette de ministre du Tourisme que Valérie De Bue a annoncé une nouvelle aide de plus de 1,4 million d’euros.

Rien d’étonnant à ce que les deux compétences soient impliquées. “Une étude récente a confirmé que le patrimoine était essentiel pour développer le tourisme en Wallonie”, indique la ministre De Bue. “Notre région est connue pour ses grands espaces naturels propices aux belles promenades. Mais le patrimoine présente aussi un intérêt stratégique pour le tourisme. Et avec le plan de relance, nous voulons réaffirmer ce rôle.”

Le château de Boussu peut indéniablement contribuer au développement du tourisme dans la région de Mons-Borinage, notamment à travers la griffe de Jacques Du Broeucq, architecte et sculpteur montois du 16e siècle, cher à Elio Di Rupo. “Les livres d’histoire ont eu tendance à l’oublier, mais Jacques Du Broeucq était considéré comme le Michel-Ange du Nord”, souligne le ministre-président wallon.

Jacques Du Broeucq a laissé un important héritage dans la région, du jubé de la collégiale Sainte-Waudru au château de Marie de Hongrie à Binche en passant par le gisant qui orne la chapelle seigneuriale de Boussu. Sans oublier ce fameux château à quelques mètres qui va donc pouvoir s’offrir une nouvelle jeunesse avec l’aide de la Région wallonne. Le budget total de cette troisième phase de rénovation s'élève à 2,6 millions d’euros, la commune et la Confrérie du Comté de Boussu participant également à l’effort.

Le coup d’envoi du chantier pourrait être donné à la fin du premier semestre 2022, et la durée des travaux est estimée à un an. Le projet a été confié au bureau d’architectes Coster & Vanden Eynden. La nouvelle tour ne sera pas reconstruite à l’identique de l’ancienne, mais elle respectera les mêmes gabarits et ramènera un équilibre architectural. Avec une nouvelle salle d’exposition, elle permettra d’agrandir le centre d’interprétation et d’accueillir plus de visiteurs, notamment les PMR. La tour ouest abritera en outre un centre de documentation.

C’est donc un nouveau chapitre qui s’ouvre dans l’histoire du château de Boussu qui, au 16e siècle, était plus grand que celui de Bouillon. Il n’a malheureusement pas traversé le temps avec autant de succès, des éléments importants disparaissant au fil des siècles pour ne laisser qu’un châtelet sérieusement endommagé lors de la Seconde Guerre mondiale. Dans les années 90, Marcel Capouillez attire l’attention des autorités locales sur les ruines du château enfouies sous les mauvaises herbes. Dans la foulée, il fonde une asbl qui permet dans un premier temps de défricher le site. Deux premières phases de rénovation rendent à l’aile est son lustre d’antan pour y aménager un centre d’interprétation. Une troisième étape s’apprête à être franchie à présent avec l’aile ouest. Une quatrième phase est même prévue. Elle verrait l’édifice couronné d’un étage supplémentaire pour accueillir un belvédère et une salle d’exposition supplémentaire. Mais ce chapitre là reste à écrire.