Trois ans de prison requis pour du proxénétisme à Quévy et La Louvière

Il filmait les jeunes femmes pour les faire chanter, car leurs familles ignoraient la nature de leur travail.

Trois ans de prison requis pour du proxénétisme à Quévy et La Louvière
©GUILLAUME JC

Le ministère public a requis, devant le tribunal correctionnel du Hainaut, division de Mons, une peine de trois ans de prison ferme contre un Louvièrois prévenu d'avoir tenu des maisons de débauche à Quévy et à La Louvière, d'avoir embauché des femmes majeures en vue de les prostituer, d'avoir exploité ces dames et d'avoir fait leur publicité sur Internet. Le 30 septembre 2021, les services de secours ont été appelés dans une maison à Quévy, près de Mons, où un homme venait de succomber à une crise cardiaque. La police a ensuite été avisée des faits car deux jeunes femmes sont soupçonnées de se prostituer dans cette maison. L'une d'elles a même caché une corbeille à préservatifs sous les yeux des ambulanciers. L'activité, ralentie durant le premier confinement, a repris de plus belle lors de la levée des restrictions sanitaires.

Les deux jeunes femmes balancent le nom d'un homme qui aurait été leur proxénète, jadis. L'individu n'est pas un inconnu, il a déjà été condamné pour des faits similaires. Selon les jeunes femmes, cet individu exigeait beaucoup de choses des filles et prenait une partie de leurs prestations. Il faisait aussi leur publicité sur un site internet. Enfin, il filmait les jeunes femmes pour les faire chanter, car leurs familles ignoraient la nature de leur travail.

Interpellé, l'homme a reconnu avoir loué son appartement à des jeunes femmes pour qu'elles puissent recevoir leurs clients, qu'il gérait leurs rendez-vous et qu'il prenait des photos d'elles. Quant à l'argent, il le gardait pour des questions de sécurité. Le prévenu conteste avoir embauché des jeunes femmes et de les avoir exploitées.

Le ministère public a requis une peine ferme, arguant que le prévenu était repassé à l'acte "avec une certaine audace", après avoir été condamné par le tribunal en décembre 2020. Sur le compte bancaire de cet homme, qui bénéficiait de revenus du CPAS, un dépôt d'une somme de 34.000 euros a été découvert. "Il a déclaré, devant le juge d'instruction, qu'il avait continué pour avoir de l'argent, car il ne trouvait pas de travail. Il a aussi déclaré que cet argent avait servi à financer sa formation de chauffeur routier", dixit le procureur.

Placé sous mandat d'arrêt le 21 octobre 2021, l'individu est actuellement sous surveillance électronique. Sa défense a plaidé un sursis probatoire.

Jugement le 18 mai.

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