Quentin Cardoen, de Villerot, meilleur artisan boulanger de Belgique francophone

Un prix qui résonne comme une consécration.

Ugo Petropoulos
Quentin Cardoen, de Villerot, meilleur artisan boulanger de Belgique francophone
©D.R.

Villerot a un incroyable talent et il se nomme Quentin Cardoen. Depuis 2013, il régale les habitants de ses pains et pâtisseries fabriquées artisanalement au sein de sa boulangerie pâtisserie Cardoen. Mais hier, son talent est officiellement reconnu par ses pairs puisqu’il a reçu le prix du meilleur artisan boulanger-pâtissier belge francophone, organisé par la Fédération francophone des artisans boulangers.

Une récompense qui n'est pas vraiment une surprise : le concours s'est déroulé sur deux jours, le 24 février et le 3 mars et les candidats ont été notifiés des résultats deux semaines plus tard. "Ils ne nous ont pas laissés dans l'incertitude. Le problème, c'est que j'avais envie de sortir crier ma joie, mais j'ai dû la contenir jusqu'à la remise des prix", sourit Quentin, fier d'avoir décroché cette récompense ultime après avoir déjà remporté le prix du Meilleur Apprenti, en 2008.

"C'était mon objectif d'y participer, depuis le prix de meilleur Apprenti. Mais j'attendais d'être suffisamment armé, car ce n'est pas un prix que l'on donne à n'importe qui." Cette année, ils ne sont que deux à l'avoir remporté. Le concours consiste en une série d'épreuves étalées sur 8 heures, où les candidats doivent présenter un programme précis et sont jugés sur le goût, la présentation et leur technique de travail. Le jury est constitué d'anciens dépositaires du titre de meilleur artisan.

La clientèle, première juge

Si ce titre représente une consécration pour cet homme passionné par son métier, la reconnaissance de son travail se fait également de manière quotidienne. "Savoir que ce que je propose plait aux gens, parce qu'ils reviennent dans ma boulangerie et me recommandent, c'est ma première récompense. La deuxième, c'est cette validation de mon travail par des professionnels."

Quentin Cardoen a ouvert sa boulangerie après quelques années à avoir travaillé comme ouvrier dans un établissement athois. "J'ai toujours voulu être indépendant, avoir ma propre boulangerie et varier mes produits suivant les jours et les saisons." Ce qui lui plaît, c'est de varier les plaisirs. "Il y a toujours une base de produits classiques, mais on essaie d'alterner, de proposer des gâteaux différents d'un samedi à l'autre pour que le client ait l'impression de toujours découvrir de nouvelles choses. On essaie de trouver un juste milieu entre le côté classique, comme la crème au beurre, et des nouveautés qui surprendront les clients et leurs invités."

Privilégier la commande

Comme pour beaucoup d'indépendants, la période actuelle est tendue, entre augmentation des prix de l'énergie et des matières premières. Cela se répercute inévitablement sur les prix, que Quentin essaie de maîtriser. "Tout le monde est touché, les clients payaient leur pain 2,2 €, puis c'est passé à 2,5 €...On ne répercute pas toutes les augmentations de charge sur le produit, nous rognons sur notre marge, mais on évite aussi le gaspillage. C'est pourquoi il est plus difficile de trouver des pains aux chocolat à 11h car on ne sait jamais combien nous allons en vendre et nous voulons éviter d'en jeter à la fin de la journée."

La boulangerie sensibilise donc ses clients à passer commande pour éviter les gaspillages. "Certains sont habitués aux grandes surfaces où tout est disponible tout le temps. Mais beaucoup de nos clients comprennent, la mentalité évolue."

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