70 ans après le drame de Marcasse, une commémoration pour les 21 mineurs disparus

Des proches et descendants des victimes seront réunis sur le site ce samedi.

MINE MARCASSE CHARBONNAGE WASMES
Le charbonnage de Marcasse. ©AVPRESS

C’était il y a 70 ans. Le 13 janvier 1953, un coup de grisou accidentel tuait 21 mineurs au puits numéro 7 du charbonnage de Marcasse, à Colfontaine. Ce samedi de 11 heures à midi, une commémoration sera organisée afin de leur rendre hommage. Plusieurs proches et descendants des victimes rejoindront l’assemblée afin d’échanger et d’évoquer ce douloureux souvenir, toujours vivace dans leur esprit.

“Mon grand-père a été gravement blessé lors de l’explosion. Il est la dernière des victimes du drame à être décédée”, explique Lino Rizzo, organisateur de la commémoration (et par ailleurs conseiller communal à Colfontaine). “Pendant de longues années, on a peu évoqué le drame. Ce n’est que fin des années 2000 que les autorités communales y ont été réellement sensibilisées par mon père. La première commémoration a été organisée 50 ans après l’accident. ”

Des familles brisées

Dans la foulée, une pierre commémorative était installée sur le site. “Je trouvais normal de reprendre le flambeau de mon père et de poursuivre ce devoir de mémoire. Je suis entré en contact avec plusieurs familles. La douleur est généralement encore très vive. ” En témoignent les quelques propos recueillis auprès des familles concernées à la veille de la cérémonie. Très émues, certaines ont dû prendre quelques minutes et séché leurs larmes pour évoquer les faits.

“Mon papa, Angelo Garinelli, n’avait que 23 ans lorsqu’il est décédé ce jour-là. J’étais l’aînée de cinq enfants, maman était enceinte de trois mois”, se souvient Madame Garinelli. “On s’est soutenu les uns les autres, mais cela a été extrêmement difficile. D’autant qu’à l’époque, l’accueil réservé aux Italiens venus travailler dans les mines n’était pas toujours chaleureux… Aujourd’hui, nous formons une belle famille, très unie… Mais ce qu’il s’est passé,… Il n’y a pas de mots.”

Un sentiment que partage encore Rosa Minacapelli. Cette dernière n’était âgée que de huit mois lorsque son papa a trouvé la mort à Marcasse. “C’est un drame qui s’est fait oublier et que l’on évite peut-être d’évoquer pour ce qu’il fait remonter en nous”, estime-t-elle. “Mes frères travaillaient également à la mine. Après le coup de grisou, ils ont pu remonter mon père, totalement brûlé. Ils ont échangé quelques mots, il est mort très peu de temps après.”

Les mineurs du charbonnage de Marcasse, à Colfontaine.
Les mineurs du charbonnage de Marcasse, à Colfontaine. ©D.R.

Maintenir le souvenir pour ne pas oublier ceux qui ont travaillé dans les mines, au péril de leurs vies, c’est l’objectif de la commémoration de ce samedi. “Pouvoir en parler avec des familles qui ont vécu la même chose, c’est probablement une bonne chose. ” De son côté, Fabienne Gregorzuk participera à pareille cérémonie pour la première fois. Son grand-père avait quitté son Ukraine natale pour venir en Belgique. Seul, avec son épouse d’origine polonaise, il a travaillé à Marcasse.

“Mon papa n’avait que deux ans lorsque mon grand-père est décédé deux jours après le coup de grisou. Ma grand-mère s’est retrouvée veuve à 20 ans et s’est retrouvée seule, dans un pays qui n’était pas le sien. Je ne prendrai pas la parole ce samedi mais j’écouterai attentivement les autres familles qui souhaiteraient dire quelques mots, rappeler aux plus jeunes ce qu’il s’est passé, ce jour-là.”

Dans la douleur mais surtout dans l’émotion et le respect, ces familles se rassembleront et observeront une minute de silence en mémoire des disparus.

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...