Conflit de voisinage qui dérape à Hensies : il porte 30 coups sur son voisin

Un problème de palissade a été l’événement de trop. En conflit depuis de nombreuses années, Ali et sa famille auraient porté de nombreux coups sur leurs voisins. À la barre du tribunal correctionnel de Mons, ils considèrent être les uniques victimes.

Margaux Piron
Tribunal correctionnel
©CASMA

En 2013, la petite famille d’Ali (prénom d’emprunt) s’est installée dans le centre d’Hensies. En bons termes avec les voisins, elle décide tout de même de placer des palissades pour garder une certaine quiétude. Mais depuis 2019, Ali, sa femme et ses enfants vivraient un véritable calvaire. Au quotidien, ils devraient faire face à des insultes racistes, des menaces, une surveillance permanente et même des conflits pour une place de parking.

D’après Ali, un seul et unique événement aurait chamboulé le comportement de ses voisins aux allures cordiales. “Madame Dupont (nom d’emprunt) a sollicité un prêt d’argent auprès de ma femme. N’étant pas excessivement proches au point de lui administrer de l’argent, elle a refusé”, confie le père de famille. “Très rapidement, tout s’est dégradé. Ils ont installé des caméras de surveillance pour nous épier. Nos fleurs ont même été retrouvées empoisonnées. Madame Dupont a également menacé d’écraser nos enfants. Nous n’avons plus de vie privée et de tranquillité”. La famille d’Ali aurait par ailleurs déposé plainte à plusieurs reprises à la police, aurait écrit au Parquet et se serait redirigée vers le juge de Paix. “Nous avons tenté d’alerter la justice”.

Le 13 octobre, ce conflit qui perdure depuis plusieurs années s’est terminé en échanges de coups. “J’étais occupé d’enlever un dernier pan de la palissade qui séparait nos habitations. Cela servait à rien de les laisser, la famille Dupont la dégradait. Nous avons d’ailleurs dépensé notre argent à trois reprises dans les clôtures”. Par ses gardes, le pan est subitement tombé du côté des voisins. Brusquement, la situation a dégénéré et des coups ont été portés. “J’ai seulement voulu protéger ma famille”, a poursuivi Ali.

Les voisins se rejettent la pierre. Difficile donc de cibler qui est à l’origine des coups. Toutefois, les fameuses caméras de surveillance ont démontré qu’Ali, sa femme et sa fille semblaient les principaux auteurs des faits. Sur les images, on identifie bien Ali porter une trentaine de coups au beau-père pendant que la mère et la fille s’en prenaient aux enfants mineures. Prise en charge par les services de police, la famille reste encore aujourd’hui en état de choc.

”La police est déjà intervenue à neuf reprises pour des conflits divers”, a indiqué l’avocate de la partie civile. “De plus, les faits décrits par les victimes coïncident aux images des caméras de surveillance”.

”Nous avons l’impression de se retrouver au cœur d’une cour de récréation”, s’est exclamé le représentant du ministère public. Pour lui, les faits sont clairement établis. Inutile donc de mettre en exergue la légitime défense ou l’excuse de provocation. Des peines de prison ferme allant de 6 à 10 mois ont été requises. Le jugement sera prononcé le 21 février.

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