La troisième chambre de la cour d'appel du Hainaut a prononcé, ce mercredi, une peine de neuf ans de prison contre l'auteur de l'agression mortelle qui a eu lieu le 6 novembre 2019 sur le parking du supermarché Aldi à Tertre (Saint-Ghislain). En première instance, Logan Brognez avait écopé le 28 juin dernier de sept ans de prison ferme pour deux agressions, dont celle qui a coûté la vie à William Guichart, roué de coups sur le parking du magasin Aldi à Tertre. La victime était cardiaque et n'a pas supporté le stress de l'agression.

Comme en première instance, le ministère public avait requis dix ans de prison. La cour a décidé de majorer cette peine de deux ans dans un arrêt rendu ce mercredi.

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Le décès de William Guichart avait provoqué un vif émoi dans la région, car la victime, entraîneur d'athlétisme, était un homme très apprécié mais aussi parce que c'est un motif futile qui est à l'origine de cette sévère agression. Le 6 novembre 2019, vers 18h, William Guichart est décédé sur le parking de l'Aldi de Tertre d'une décompensation cardiaque aiguë. Le quinquagénaire venait d'être roué de coups par Logan B. parce que ce dernier n'avait pas apprécié la conduite de la victime. Logan a ensuite roulé sur la victime, couchée sur le sol, avec sa voiture et il a pris la fuite.

En première instance, le substitut du procureur du roi avait déclaré que l'enquête avait été difficile, faute de témoins, avec deux versions contradictoires entre le prévenu et sa compagne, interpellés le soir même vers 20h. "Ils ont essayé de reporter la faute sur la victime mais tous les éléments vont dans le sens inverse. C'est bien le prévenu qui a poursuivi la victime et qui a porté les premiers coups", avait déclaré le magistrat du parquet. Les coups furent d'une extrême violence, mais, selon le légiste, c'est la violence des coups qui a entraîné un stress cardiaque chez la victime, sujette à des problèmes cardiaques. Toutefois, un sévère traumatisme crânien, une mâchoire fracturée et un œil crevé ont été relevés lors de l'autopsie.

La victime, un homme décrit comme bienveillant, n'avait aucun antécédent judiciaire alors que le prévenu a un casier judiciaire fort chargé. Le procureur du roi avait alors écarté toutes causes d'excuse comme la provocation ou la légitime défense. Le prévenu était aussi poursuivi pour une autre scène de violence qui a eu lieu en juillet 2019 dans une station-service de la région de Mons. Serge avait été insulté et frappé par le Dourois qui bloquait la circulation. "Là aussi, il s'est présenté en victime et il a eu une réaction totalement disproportionnée", avait alors conclu le procureur qui avait détaillé les lourds antécédents judiciaires du prévenu lors des débats en premières instance.