Un travailleur dénonce une logique financière au détriment d'une logique de précaution.

Alors que la Belgique tourne au ralenti et que la majorité des chantiers ont été mis sur pause dans la région, avec les conséquences que cela implique, quelques irréductibles font fi des recommandations émises par le gouvernement fédéral, permettant ainsi au virus de continuer sa propagation. Pour certaines entreprises, la logique financière semble primer sur la santé des travailleurs et collaborateurs.

Dans la région, on apprend ainsi que le site Google de Baudour est toujours en activité. Et c’est peu dire. Quelque 300 personnes s’y présenteraient toujours. Autant dire que le potentiel de contamination est énorme. "Ils ont pris une série de mesures et nous demandent de respecter la distanciation sociale. Dans les bureaux, c’est plus ou moins possible mais sur le chantier, pas du tout", dénonce Louis (prénom d’emprunt), actif sur le site. "Nous nous croisons sans cesse. Et que dire alors dans la cafétaria ou lors du déchargement de livraisons ?"

En matière de sécurité, le géant américain est pourtant généralement à la pointe. "On ne peut pas le nier. Mais alors que nous nous trouvons dans un contexte exceptionnel, ils balaient toutes les règles de bon sens. La réalité économique prend le dessus sur tout le reste. Personne ne souhaite continuer à travailler mais nous ne sommes pas entendus ! La pression financière est telle que nous n’avons pas vraiment d’autre choix"

Aujourd’hui, Louis redoute une véritable épidémie de Covid-19 dans les rangs. "Nous comptons énormément de travailleurs anglais parmi nous. S’ils ne viennent plus, ils ne bénéficieront pas d’aides financières. Ce qui nous inquiète particulièrement, c’est de constater que certains d’entre eux bénéficient de dérogation et continuent donc à faire des allers-retours entre la Belgique et l’Angleterre, où les mesures de précaution ne sont clairement pas respectées !"

La zone de police boraine est intervenue sur le site à deux reprises. Mardi, seule une présence trop importante de travailleurs dans un même véhicule a été signalée. Mercredi, plus aucune infraction n’était constatée. De son côté, Google, par la voix de son porte-parole pour la Belgique, Michiel Sallaets, ne répond pas aux inquiétudes du personnel… Ni à nos questions, d’ailleurs. Il précise qu’une partie de l’équipe reste opérationnelle au data center mais que la plupart des travailleurs bénéficient de mesures de télétravail.

Il ajoute enfin que "le principal entrepreneur de construction du centre de données a fermé temporairement le chantier pour protéger la sécurité du personnel." Visiblement, les sons de cloche ne s’accordent pas… Les mesures à prendre en pareille circonstances non plus.