Cela fait plus de deux ans que Benjamin Harmegnies a dû renoncer à sa belle carrière de judoka. L'Hornutois, sextuple champion de Belgique en + 100 kg, n'a pas pour autant mis sa passion pour les sports de combat de côté. En plus de son boulot de professeur de self-defense à l'Ecole Royale Militaire, le colosse de 120 kilos vient d'ouvrir son propre club de ju-jitsu brésilien : la Beast-Art Team. "Le ju-jitsu brésilien, c'est un art martial basé sur les clefs de bras, les étranglements, les clefs de jambes ou plus globalement les soumissions", résume-t-il.

Trois jours par semaine (lundi et mercredi soir ainsi que samedi après-midi) à la salle Arthur Nazé de Colfontaine, Benjamin Harmegnies se transforme en formateur et entraîneur pour la quinzaine de membres qui ont déjà adhéré à son club. "J'ai lancé cela il y a seulement un mois mais il y a déjà plusieurs personnes qui viennent très régulièrement", se réjouit-il.  "Ce sont des séances en groupe et cela s'adresse à tout le monde." 

Le club accueille aussi bien des novices qui n'ont jamais fait de sport de combat que des agents de sécurité, des policiers ou encore des boxeurs. "Il y a aussi des gens qui viennent avec pour objectif de se lancer par la suite dans le MMA ou d'autres sports de combat. Avec moi, ils apprennent par exemple toute la base au sol parce qu'ils se rendent compte que beaucoup de combat se terminent au sol alors qu'ils ne maîtrisent pas cet aspect. Par ailleurs, je peux aussi faire des entraînements individuels de préparation physique ou de préparation au combat."

Le leitmotiv de ce club est clair : former des guerriers. Le nom Beast-Art Team n'est d'ailleurs pas issu du hasard. "Cela vient d'un surnom qu'on m'a donné lorsque j'ai commencé le ju-jitsu brésilien à l'âge de 20 ans. J'étais le seul belge et même le seul blanc. Les autres m'appellaient "l'ours polaire" ou "la bête". D'où le nom "beast" en anglais. C'est un nom approprié pour le club parce qu'on veut former des bêtes, des guerriers. Mais en restant adapté à tous les niveaux."

Il s'agit par ailleurs du seul club consacré uniquement au ju-jitsu brésilien dans le Borinage. "Cela fait longtemps que je voulais créer mon propre club. Avec ma retraite forcée (NdlR : suite à un problème cardiaque), c'était l'occasion. C'est un sport que j'ai toujours adoré et qui est complémentaire au judo. J'ai d'ailleurs pratiqué le ju-jitsu brésilien pendant longtemps jusqu'à ce qu'un nouveau règlement empêche les judokas de pratiquer une autre discipline. Je me suis alors concentré sur le judo mais je n'avais pas perdu de vue ce sport."

Au point d'en devenir désormais l'un des ambassadeurs en Belgique et plus particulièrement dans notre région.