Les cyclistes devaient être nombreux à célébrer la journée du vélo ce vendredi. D’après les statistiques en effet, la petite reine fait de plus en plus d’adeptes. Une tendance qui se constate aussi dans le Borinage où les marchands de vélos surfent sur les crises, depuis celle du covid jusqu’à celle de l’énergie.

"Durant le premier confinement, nous avons connu une très forte demande, principalement pour des vélos de loisirs", confie un responsable de GJ Cycling Shop à Boussu. "Ça s’était calmé l’an dernier jusqu’à ce printemps. Avec la hausse du prix du carburant, on assiste à nouveau à une forte demande. Principalement pour les vélos électriques."

Si durant la pandémie, beaucoup s’étaient tournés vers le vélo par loisir, désormais, avec la hausse des carburants, les cyclistes ont plutôt tendance à enfourcher leur bécane comme moyen de locomotion, notamment pour se rendre au boulot. "Pendant le confinement, de nombreuses activités étaient fermées. Les gens avaient le choix entre le jogging et le vélo. En quelques semaines, nous avons vidé le magasin", comment le gérant de Cycles Gabriel à Saint-Ghislain. "À présent, le vélo de loisir a moins la cote. Avec tout qui augmente, les gens ont plutôt tendance à économiser sur le sport ou le loisir. Il y a en revanche une demande plus forte pour les vélos électriques. Certains suppriment une voiture dans le ménage au profit du vélo électrique qui est beaucoup plus économe. Ça ne coûte pratiquement rien à recharger. Et il ne faut pas payer de carburant, de taxes ou d’entretiens. Mais ça reste un phénomène qui est tout de même marqué davantage dans les grandes villes, surtout néerlandophones."

Victime de son succès et de la conjoncture, l’essor du vélo est tout de même ralenti par des problèmes de pénurie. Mais pas partout. "Les chaînes de production en Asie sont toujours perturbées par la pandémie. Shanghai a notamment été confinée. La guerre en Ukraine n’arrange rien. L’Ukraine et la Russie sont de gros producteurs d’acier. Heureusement, nous avions anticipé les choses et nous avions constitué des stocks suffisants", poursuit le gérant de Cycles Gabriel. "Nous pouvons donc encore répondre à la demande dans 90% des cas. Évidemment, si nous avons un client très sélectif qui veut absolument un vélo bordeaux et qui ne veut pas accepter le même en noir, il y aura des délais d’attente. Et ça peut aller jusqu’à un an."

Autre problème à relever : le type de vélo distribué. "Le transport par container coûte de plus en plus cher. Or, les distributeurs paient en fonction du volume. Qu’ils transportent un vélo à 600 ou à 5000 euros dans la boîte, ils paieront la même chose. Pour rentabiliser le transport, ils ont donc tendance à mettre la priorité sur les vélos électriques et les vélos haut de gamme."

Mais pour l’heure, nos commerçants se veulent rassurants. "Les vélos de course se font plus rares, mais on ne peut pas parler de pénurie. De manière générale, nous avions bien anticipé en faisant de grosses précommandes. Nous avons quand même du stock", conclut le responsable de GJ Cycling Shop.