Borinage

Accéder au logement sera encore plus difficile. Certains logements ne seront pas remis en location faute de moyens financiers.

« La commune fait fausse route et pénalisera à termes les locataires et les candidats-locataires. » Ces propos, ce sont ceux de Stéphane Dierick, directeur de BH-P Logements. Ce vendredi, par voie de communiqué, la société de logements publics annonçait avoir fait les comptes en prenant en considération la taxe sur les logements inoccupés imposée par la commune, soit 55.000 euros.

Et la situation n’est pas glorieuse, que du contraire. « La situation financière de BH-P Logements n’est pas plus brillante que celle de la commune. Pourtant, la commune décide de ne nous assimiler à un opérateur privé. C’est bien beau mais il faudrait alors que nous ayons la capacité d’agir comme tel, ce qui n’est pas le cas », regrette Stéphane Dierick.

Pour ce dernier, le paiement de cette taxe aura des conséquences désastreuses. « 220 locataires verront un de leur loyer partir en paiement de la taxe. Quatre logements ne pourront être attribués lors des prochaines attributions et, en cinq ans, les attributions diminueront de près de 20%. Les demandes en attente passeront ainsi de 1186 ménages à 1423. »

Des chiffres inquiétants lorsque l’on sait que l’offre est inférieure à la demande. « BH-P investit un million d’euros sur les rentrées chaque année pour tenter de réduire son taux de logements inoccupé. Mais elle ne sait plus le faire car elle rembourse chaque année 4,8 millions d’euros de crédits, obtenus dans les années 60 et toujours en cours. »

Pour le directeur, cette taxe est une véritable tuile. « Elle va freiner l’attribution des logements et leur remise en état car nous n’avons pas les finances pour tout faire. Si nous ne pouvons pas remettre en état certains logements, nous serons contraints d’accélérer notre politique de vente, ce qui, forcément, réduira le nombre de logements disponibles sur l’entité boussutoise. »

Et d’ajouter : « Le grand public s’imagine que c’est simple, que certains logements sont en état et ne sont pas mis en location. S’ils ne sont pas attribués, c’est parce que des travaux doivent y être effectués. De visu, un logement peut sembler correct mais si l’électricité n’est plus aux normes, nous ne pouvons pas prendre de risques ! »

Bref, obtenir un logement social auprès de BH-P sera, à l’avenir, encore plus difficile puisqu’entre la commune et la société publique, aucune solution tenable et durable ne semble se dégager.