C’est un sujet que l’on pourrait qualifier de sensible et propice aux débats. Et pour cause : la taxe liée à la collecte et au traitement des déchets n’épargne personne. Alors lorsqu’elle augmente, les levées de boucliers s’organise. C’était le cas lors du dernier conseil communal de Boussu, au sein duquel les conseillers étaient invités à voter une augmentation de 20% pour les ménages de deux personnes (de 117 euros à 140 euros).

La taxe reste en revanche inchangée pour les personnes isolées et les ménages de trois personnes (91 euros et 153 euros). Elle augmente de 11 euros pour les ménages de quatre personnes (185 euros). La commune n’a d’autre choix que de procéder à ces augmentations pour respecter le coût-vérité, qui doit se situer entre 95 et 110% et qui veut que les dépenses relatives à la gestion des déchets soient couvertes par les recettes.

"Si l’on reste en l’état, c’est-à-dire à 90%, nous serons pénalisés par la tutelle qui nous privera de certains subsides", explique Jean Homerin (PS). "Nous devons, à contrecœur, augmenter cette taxe mais nous restons malgré tout toujours dans la fourchette basse, puisque nous n’atteindrons que 95% du coût-vérité." Pour les socialistes, il est important de souligner que malgré cette augmentation, la taxe déchet à Boussu reste dans la moyenne basse de ce pratiquent les communes voisines.

Si dans les rangs de l’opposition, on comprend la nécessité de respecter le coût-vérité, on déplore unanimement le choix posé, à savoir taxer davantage les ménages de deux personnes. "Ce faisant, vous touchez les jeunes ménages et les pensionnés dont le pouvoir d’achat n’est pas toujours élevé", a déploré Guy Nita (Echo). "Cette proposition n’est ni équitable, ni solidaire. Il vaudrait mieux répartir l’augmentation sur l’ensemble des ménages, à l’exception des personnes seules, même si de ce fait, il y aura plus de mécontents."

Le groupe Agora a lui aussi défendu cette position, estimant par ailleurs que la commune n’en faisait pas assez pour encourager la population à réduire sa production de déchets. Si le bourgmestre, Jean-Claude Debiève, a estimé que cette augmentation ne représentait « que » 50 cents par semaine, Cyril Mascolo a rappelé qu’il s’agissait d’une augmentation parmi d’autre, susceptible de mettre à mal les foyers les plus fragilisés.

Malgré les propositions émises par l’opposition de se remettre autour de la table pour « dégager d’autres solutions », l’augmentation a été votée. Les ménages devront dès lors sortir le portefeuille en 2021.