Considérés comme nuisibles tant ils sont nombreux dans nos villes et villages, les pigeons ont la vie dure. Certains font d’ailleurs l’objet de campagnes d’abattage destinées à diminuer leur nombre. À Boussu, on a fait le choix d’une méthode moins radicale. Le service environnement privilégie en effet une campagne de stérilisation afin de maitriser la prolifération de ces volatiles parfois surnommés "rats volants."

"C’est un fléau pour les bâtiments publics", déplore le bourgmestre, Jean-Claude Debiève (PS). Malheureusement, la présence de pigeons dans nos régions induit des nuisances visuelles et olfactives par leurs fientes, qui provoquent par ailleurs des dégradations diverses de par leur teneur élevée en azote. Ainsi, certains matériaux mais aussi la peinture de véhicules peuvent être endommagés. Enfin, le pigeon peut être source de contamination vers l’humain.

"Nous nous devons de réagir, même si nous sommes conscients que nous devons être prudents dans la façon de faire. Nous avions déjà entrepris une campagne mais les résultats n’avaient pas été des plus probants. Nous avons confié cette campagne de stérilisation à une société spécialisée mais il faudra du temps pour en constater les effets et confirmer, ou non, que leur reproduction a bien été freinée."

Concrètement, deux distributeurs de nourriture stérilisante ont été installés sur les territoires de Boussu et Hornu. Le contrôle de la campagne est assuré par une société spécialisée. Par ailleurs, et pour éviter les effets contreproductifs, l’administration rappelle que la population est invitée à ne pas nourrir les pigeons, comme stipulé dans l’article 124 du règlement général de police. La stérilisation par graines contraceptives permet – normalement – une action sur les hormones des pigeons en quelques jours.

Mâles et femelles deviennent alors stériles, ne construisent plus de nid et ne se reproduise plus, ce qui permet un contrôle de leur population. L’opération doit être renouvelée régulièrement. On estime en effet que l’efficacité réelle est constatée au bout de six ans, avec une réduction de la population de pigeons d’environ un tiers des individus.