À Boussu et plus largement dans la région, la brasserie Deseveaux n’est plus à présenter, et pour cause : à plusieurs reprises, le savoir-faire de Sébastien Deseveaux a été reconnu et salué par les experts lors de prestigieux concours internationaux. Pourtant, face à la crise sanitaire, ce dernier peine à maintenir la tête hors de l’eau et ne peut compter que sur lui-même. En effet, selon ses dires, aucune aide ne lui a été jusqu’ici été octroyée par la commune de Boussu.

"Notre brasserie n’est pas concernée par la dernière annonce des aides communales de Boussu", écrit le gérant sur Facebook, précisant qu’il souhaite être transparent vis-à-vis de sa clientèle. "Dans le texte de l’annonce, il est mentionné le terme brasserie. J’ai sollicité la prime à la suite de cette annonce et elle nous a été refusée. Une brasserie brasse de la bière mais manifestement, la définition dans cette annonce n’est pas la même."

Cette aide n’est visiblement pas la seule à lui être passée sous le nez. "Les chèques n’étaient pas applicables à notre commerce et nous n’avons reçu aucune exonération de taxes communales ou provinciales. La seule aide que nous avons reçue de la commune a été de 1 000 euros, comme d'autres entreprises. Nous n'avons pas été repris dans la catégorie secteur Horeca, nous sommes pourtant intimement liés avec les secteurs qui ont dû fermer !"

Autant écrire que la situation de la brasserie reste fragile. "Notre magasin reste ouvert tous les samedis, uniquement pour la vente à emporter. Toutes les activités de visites et dégustations sont interdites tant que l’horeca n’a pas rouvert." Les ventes, et donc la production, ont lourdement chuté en 2020. Et l’année 2021 suit le même schéma et ne laisse à ce stade pas entrevoir de lumière au bout du tunnel.

"L'horeca va rouvrir tardivement, le 01 mai (et rien n'est sûr aujourd'hui), de nombreuses festivités sont déjà annulées jusqu'au mois de septembre. Les charges fixes restent lourdes et nous devons les payer : emprunts, taxes, assurances, secrétariat social, comptable, les différents contrôles obligatoires des équipements de production,... Des aides tardent à venir et d'autres aides sont avec des conditions telles qu'il faut être au bord de la faillite pour les obtenir."

Bref, pour Sébastien Deseveaux, seule une reprise effective du secteur horeca et des activités au sein de la brasserie permettraient de changer la donne. "Notre entreprise familiale brasse et embouteille toutes ses bières sur site, nous mettons tout en œuvre pour proposer des bières de qualité. Nous faisons vivre notre région et la brasserie emploie actuellement trois personnes." Pour eux comme pour d’autres, cette crise risque bien de laisser des traces.