Nabil, 36 ans, a reçu une balle dans la tête ce lundi soir.

Ce lundi soir, alors qu’il venait de stationner à l’arrière de l’habitation de son frère Khalid Saifi, Nabil Saifi, 36 ans, a été pris à partie par son voisin, Giuseppe, âgé d’une cinquantaine d’années. Ce dernier était armé et n’a pas hésité à tirer à bout portant dans la tête de sa victime. Nabil a été opéré dans le courant de la nuit. La balle a pu être extraite mais ses jours sont toujours en danger.

Pour son frère aîné, la situation est la conséquence d’un conflit de voisinage qui dure depuis plus de cinq ans sur fond de racisme. "Mon frère habite temporairement chez moi parce qu’il vient d’acheter une maison avec sa compagne. Avec le confinement, les démarches ont pris du retard, il ne devait récupérer les clés que dans quelques jours" , explique Khalid.

Ce lundi soir, Nabil a stationné son véhicule – une camionnette – à l’arrière des habitations de la rue Mont Leville. "Il n’a pas entravé l’accès du voisin et n’a pas non plus bloqué un garage. Mais il a entendu des menaces et lorsqu’il est sorti, le voisin lui a tiré dessus. Mon frère était en pyjama, il n’y a eu aucun échange de parole. Le voisin était prêt à tirer."

Et de poursuivre : " Nous sommes en conflit depuis cinq ans. Le voisin nous insulte sans cesse, nous traite de 'sales arabes', nous menace et répète régulièrement qu’il nous tuera, nous et nos enfants. C’est un vrai raciste. Mais mon frère n’avait rien à voir dans cette histoire. Aujourd’hui, il est aux soins intensifs et nous ne savons pas s’il s’en sortira…"

Nabil est en Belgique depuis déjà plusieurs années. Marié, il a trois enfants qui attendent avec angoisse de bonnes nouvelles. " Nos parents sont restés au Maroc, nous ne sommes que deux ici, en Belgique. Je n’ai pas encore eu le courage de les prévenir, j’attends des nouvelles pour savoir quoi leur dire… Je suis un peu perdu, je ne sais pas quoi faire."

Le tireur est quant à lui toujours en fuite et activement recherché par les forces de police. À l’exception des plaintes déposées dans le cadre du conflit de voisinage, ce dernier n’est pas connu des services de police ou de la justice.