Une centaine de personnes, notamment du Réseau de soutien à l'agriculture paysanne (RéSAP) et du collectif citoyen "La Nature sans Friture", se sont mobilisées dimanche contre le projet de méga-usine à frites, porté par la société Clarebout Potatoes, dans le zoning de Frameries. Elles ont défendu une agriculture paysanne et familiale, dans le cadre de la Journée internationale des luttes paysannes.

Les riverains de l'usine et les représentants du mouvement paysan ont installé des banderoles sur le site de l'entreprise et planté des pommes de terre bios pour marquer leur opposition à la construction de l'usine. "Ce géant de la patate envisage toujours la construction d'une usine de frites destinées à l'exportation, malgré une opposition ferme des riverains et les révélations grandissantes sur les pratiques du secteur", ont dénoncé les opposants au projet. "Nous ne voulons pas de ce modèle.

Des messages contre le projet Clarebout et, plus largement, en faveur du soutien à l'agriculture paysanne et familiale ont été postés ces derniers jours sur les réseaux sociaux à l'attention du ministre-président wallon Elio Di Rupo, des ministres wallons de l'Agriculture Willy Borsus, de l'Environnement et de la Ruralité Céline Tellier et du ministre fédéral de l'Agriculture Clarinval "pour réclamer l'abandon de ce projet et un soutien politique structurel à l'agriculture familiale et paysanne, plutôt qu'industrielle". Céline Tellier s'est notamment dite "défavorable à ce modèle agro-exportateur qui permet à quelques-uns de générer des ressources importantes mais engendre des nuisances pour un très grand nombre de citoyens et pour la collectivité". 

"Nous entendons ces propos mais ce que nous demandons à présent, c'est d'agir concrètement en faveur de l'agriculture paysanne et familiale", a réagi Damien Charles, porte-parole du RéSAP. "La PAC (politique agricole commune, gérée à l'échelon européen, NDLR) est en effet en train d'être réformée dans l'optique de donner plus de moyens aux Régions en matière de subsides. L'opportunité pour soutenir l'agriculture paysanne est donc là.

Les riverains framerisois se mobilisent depuis janvier 2019 contre la méga-usine de Clarebout Potatoes. "Ce secteur est responsable de 10 % des accidents de travail dans l'agroalimentaire", a souligné Florence Defourny, du collectif citoyen La Nature sans Friture. "Il pollue énormément et détruit l'agriculture. C'est une machine à malbouffe. À Frameries, nous défendons un modèle plus respectueux. Nous luttons pour protéger l'environnement, la sécurité, la santé et le cadre de vie de chaque citoyen.

Pour le Réseau de soutien à l'agriculture paysanne, l'usine Clarebout à Frameries est "un symbole des dérives du secteur de la pomme de terre industrielle en Belgique". Selon le réseau, la production a été décuplée en 30 ans afin de fournir les supermarchés et la restauration rapide. Elle représente désormais 16 fois la consommation belge. "Ce modèle s'accompagne d'une forte pression sur les terres agricoles, maintenant vouées à l'exportation plutôt qu'à l'agriculture vivrière". Actuellement, le secteur de la pomme de terre est le plus gros utilisateur de pesticides en Belgique, conclut RéSAP.