Borinage

Ce qui provoque pas mal d'indignation du côté des riverains opposés au projet.

Depuis quelques jours, les riverains voisins du site Clarebout Potatoes à Frameries constataient un ballet de camions réfrigérés autour du congélateur nouvellement construit par le groupe. Autant écrire que les craintes d’apprendre que le groupe exploitait la structure étaient grandes. Ce vendredi, elles ont été confirmées.

Jan Poté, le porte-parole du groupe Clarebout a en effet confirmé que le stockage débutait au sein du congélateur. "La construction de notre frigo est terminée, nous l’exploitons depuis quelques jours", explique-t-il. "Le permis que nous avions obtenu en début d’année nous permettait de construire et d’exploiter. Le tribunal a cassé la décision du fonctionnaire-délégué et de la Région wallonne en estimant que sa réponse était tardive et donc illégale."

Et de poursuivre : "puisque la décision du ministre a été cassée, nous en revenons au permis unique obtenu en début d’année. Ce qui nous permet d’exploiter le frigo via le stockage de produits finis surgelés et de créer de l’emploi. Des gens de la région travaillent désormais pour nous. Nous avons annoncé d’importants investissements et la création d’emplois. Nous nous en tenons à cela." Pour autant, Clarebout prend des risques en procédant de la sorte.

Si la décision a bien été cassée par le tribunal en juin dernier, l’action judiciaire ne s’est pas éteinte pour autant. La Région wallonne a fait appel et espère être entendue. Si tel était le cas, Clarebout devrait probablement faire marche arrière. "Nous n’en sommes pas là, nous n’allons pas nous prononcer sur des scénarios hypothétiques", assure encore Jan Poté. Du côté des riverains, on n’entend pas le discours de la même oreille.

Des actions de blocage sont d’ailleurs envisagées. On s’interroge également sur les mesures de sécurité prises autour de l’activité. "Les pompiers ont-ils donné leur aval ? Les organismes de sécurité aussi ?" Les autorités locales ont été interpellées. La police de l'environnement devrait notamment se rendre sur place. Pour quelles suites? Difficile à dire à ce stade. Mais le collectif de la Nature sans friture ne manque pas d'insister : l'action du groupe est illégale et la décision du tribunal ne concernait que l'ordre d'interruption des travaux donné par le fonctionnaire délégué de la Région wallonne.