Borinage

Le géant de la frite veut poursuivre la construction du frigo. Il s'attaquera ensuite au permis de l'usine.

Construira, construira pas ? Depuis que le ministre Carlo Di Antonio a cassé sur recours le permis pour le frigo Clarebout à Frameries, le chantier est à l'arrêt. Les travaux sont pourtant déjà bien avancés. Si bien que l'entreprise a introduit une action en référé pour lever l'interdiction et terminer la construction de son centre logistique.

Une audience avait lieu ce matin au tribunal de première instance de Mons. La date des plaidoiries a été fixée au 19 juin. Le tribunal ne devrait pas rendre de verdict avant la fin du mois. En attendant, le chantier est à l'arrêt. De l'activité avait été détectée sur le site, laissant craindre aux nombreux riverains opposés à l'usine à frites que Clarebout essaierait de contourner le permis cassé. Aujourd'hui, le promoteur du projet tient à montrer patte blanche.

"Les travaux sur le centre logistique sont arrêtés", affirme Jan Poté, porte-parole de Clarebout. "Notre objectif a toujours été de sécuriser le bâtiment à 100% pour éviter par exemple que des orages puissent causer des dégâts au chantier suspendu. Nous avons ainsi remis à l'administration wallonne une liste de travaux à effectuer pour sécuriser les lieux. Chaque point est discuté. Sans l'accord de l'administration wallonne, nous n'effectuerons plus aucun aménagement. Nous voulons respecter l'interdiction et ne pas contourner la loi."

Respecter est une chose, ne pas contester en est une autre. Clarebout espère obtenir devant les tribunaux la possibilité d'aller au bout des travaux. "Nous voulions que le centre logistique soit opérationnel pour la mi-juillet. Ce qui veut dire que le chantier est déjà bien avancé. C'est un investissement de 12 millions d'euros qui doit permettre d'engager une vingtaine de personnes. La moitié est déjà en formation sur d'autres sites et le processus de recrutement est lancé pour les autres. Nous contestons devant le tribunal la décision du ministre car nous ne comprenons pas pourquoi le permis a été refusé."

C'est le projet titanesque d'une usine à frites qui a mis le feu aux poudres, bon nombre de personnes redoutant les nuisances qu'une telle activité pourrait engendrer. En lançant la construction d'un centre logistique alors qu'une demande permis n'avait pas encore été déposée pour l'usine, Clarebout n'a-t-il pas mis la charrue avant les bœufs ? "Pas du tout. Ce sont deux dossiers distincts. Un centre logistique peut fonctionner sans unité de production. C'est d'ailleurs le cas à Comines", réplique Jan Poté.

Reste que les choses semblent mal embarquées pour le projet d'usine. Le permis n'avait pas été déposé que l'opposition était déjà tenace. L'IDEA a d'ailleurs retiré à Clarebout le droit de préférence dont l'entreprise disposait pour s'installer dans le zoning de Frameries. Mais ça aussi, le géant de la frite compte bien le régler devant la barre. "Nous avons pris officiellement connaissance de la décision de l'IDEA. Nous examinons le dossier et nous préparerons également une action en justice à ce niveau-là."