C’est un véritable ascenseur émotion qu’a vécu Jean-François Hubert ces derniers jours. Vendredi, le président de l’association La Petite Maison du Peuple (et conseiller communal à Colfontaine) apprenait que les bâtiments qu’il occupe étaient mis en vente par leur propriétaire. Rien ne laissait présager pareille situation, d’autant qu’un bail de neuf ans court toujours et que les bénévoles se pensaient à l’abri.

Ce week-end, le président de l’asbl a donc multiplié les contacts afin de trouver un plan B, c’est-à-dire un nouveau local adapté aux activités de l’association. "La bonne nouvelle est finalement tombée dans la nuit de samedi à dimanche : le propriétaire m’annonçait avoir réfléchi et compte tenu de l’importance de notre association dans la région, il a décidé de suspendre la vente des bâtiments", explique Jean-François Hubert.

"Je le rencontre ce lundi soir et j’attends donc de voir quelle suite donner à tout cela. Nous avions déjà trouvé des options de secours, des locaux qui pouvaient être mis à notre disposition le temps que l’on se retourne mais depuis que nous savons que la vente est suspendue, nous soufflons à nouveau. Le problème, c’est que tant que l’association ne possédera pas son propre local, c’est quelque chose qui peut arriver. Nous avions déjà dû quitter le bâtiment de la rue du Rossignol pour les mêmes raisons."

Après une année dernière particulièrement compliquée, et où l’aide alimentaire a été maintenue au profit des familles précarisées de la région, l’équipe de la PMP aspire à reprendre ses activités principales. "Et ce n’est pas l’aide alimentaire mais l’école des devoirs, les permanences juridiques,… Notre mission, c’est de travailler autour de l’éducation pour que nos bénéficiaires reprennent leur vie en main et ne restent pas dans un système d’assistanat. C’est ça, notre vocation première."

Après un week-end compliqué et rempli d’incertitudes, Jean-François Hubert se dit plus serein mais prudent. "Je ne souhaite pas salir la réputation de mon propriétaire, certainement pas. Mais il est vrai que je suis surpris de la façon dont les choses se sont passées puisqu’alors que nous nous étions vus quelques jours auparavant, il ne m’avait pas annoncé la mise en vente des bâtiments. Il a tenté de me rassurer en disant qu’on pourrait probablement rester, malgré tout, mais mon avocat m’a assuré que rien ne contraignait le nouveau propriétaire à poursuivre notre bail."

Bref, pour l’heure, l’association continuera bien ses activités au numéro 8 de la rue Président Kennedy, un local qu’elle occupe depuis presque deux ans. Mais rien ne dit que le bail de neuf ans sera honoré.