Borinage

Brenda Estievenart est libre depuis quelques semaines. Par contre, Victor Blairon, partie civile au procès, est détenu pour ne pas avoir respecté les conditions probatoires d'un jugement prononcé par le tribunal correctionnel du Hainaut.

Sept hommes et cinq femmes seront chargés de juger Brenda Estievenart, 25 ans, dès vendredi aux assises du Hainaut à Mons. Elle devra répondre du meurtre de Sabrina Blairon, en 2016 à à Colfontaine. Deux femmes seront jurées suppléantes. Ce procès, sous haute sécurité en raison de l'animosité entre la famille de l'accusée et celle de la victime, est prévu pour une semaine.

Le 16 octobre 2016, peu avant 21h30, Sabrina Blairon a été tuée de plusieurs coups de couteau devant le domicile de Brenda Estievenart, rue à Paniers à Colfontaine. Des insultes avaient été échangées entre Sabrina, accompagnée de sa soeur Catherine, et Brenda qui se trouvait à la fenêtre de son habitation, en conversation avec son père. Ce dernier, Rudy Deverchin, est l'ennemi de Victor Blairon, père de la victime. Les deux hommes sont en guerre depuis des années. La zone de police boraine enregistre presque quotidiennement des plaintes lancées par un camp contre l'autre. Il y a déjà eu de nombreuses bagarres et même des coups de feu.

Le soir des faits, l'accusée, armée de deux couteaux, s'est battue avec les soeurs Blairon, armées quant à elles d'un coup-de-poing américain et d'un nunchaku. Quelques secondes plus tard, une voiture est arrivée. A bord, se trouvaient Rudy Deverchin, son frère et son fils. Selon Catherine, amenée à l'écart par Rudy Deverchin, ce dernier criait à sa fille de tuer Sabrina. Brenda se serait ensuite vantée de l'avoir fait avant de prendre la fuite. Mais l'accusée conteste aujourd'hui avoir porté les coups mortels et évoque tout au plus un accident. Quant à son père, son oncle et son frère, ils n'ont pas été inculpés dans cette affaire.

Brenda Estievenart est libre depuis quelques semaines. A la suite du report de son procès en octobre en raison d'un problème au sein de la cour, la chambre des mises en accusation l'a placée sous surveillance électronique. Par contre, Victor Blairon, partie civile au procès, est détenu pour ne pas avoir respecté les conditions probatoires d'un jugement prononcé par le tribunal correctionnel du Hainaut. Parmi la cinquantaine de témoins convoqués, bon nombre sont détenus. Lors de l'audience préliminaire, le président Resteau avait demandé aux avocats de tout faire pour que la raison l'emporte sur la passion lors de ce procès. En raison de la guerre qui oppose les parties, la police de Mons-Quévy et Boraine mettra en place un dispositif de sécurité important à l'intérieur comme à l'extérieur de la cour. De nombreux faits ont encore éclaté entre les deux camps depuis octobre 2016.