Mi-mars, le nom des 116 communes retenues dans le cadre de l’appel à projets Wallonie cyclable était dévoilé par le ministre en charge de la mobilité, Philippe Henry (Ecolo). Candidate, la commune de Colfontaine n’a finalement pas été retenue et devra dès lors se passer de subsides pour réaliser son projet, dont le collège communal n’a par ailleurs pas fait publiquement la promotion. Du côté de l’opposition, on s’interroge sur les raisons de cet échec.

La question a d’ailleurs été soulevée lors de la dernière séance du conseil communal. "Nous étions assez étonnés car les modalités de l’appel à projets ne nous paraissaient pas particulièrement strictes", explique Lionel Pistone (C.Plus). "Pour preuve, 116 communes ont été retenues… Mais pas Colfontaine. Nous avons voulu savoir pourquoi. D’autant plus que nous avions déjà raté le coche dans le cadre de l’appel à projets permettant l’acquisition de caméras de surveillance pour lutter contre les dépôts sauvages…"

Visiblement, la politique menée par la majorité en matière de mobilité douce n’a pas convaincu le ministre. "Il semble avoir estimé qu’il n’y avait pas suffisamment d’actions menées en faveur de la mobilité douce et a donc préféré soutenir des communes qui disposent déjà d’aménagements et de pistes cyclables sur leur territoire. Pour résumer, on paie l’inaction du collège – ou des collèges précédents – et on risque de s’inscrire dans un cercle vicieux."

Le conseiller communal poursuit : "Le collège n’a pas exprimé sa volonté de réaliser son projet sur fonds propres. Si on n’a pas de subsides, on ne réalise pas d’aménagement… Et si on n’a pas d’aménagement, on ne parvient pas à décrocher de subsides. La situation est assez problématique ! Il est aussi dommage que les dossiers rentrés dans le cadre d’appel à projets ne soient jamais présentés, ne serait-ce qu’en commission. Le collège fait cavalier seul alors qu’il y en a plus dans plusieurs têtes que dans une. Nous ne savons absolument rien du projet qui a été soumis à la Région wallonne."

Le bourgmestre n'a pas souhaité commenter davantage cet échec. Mais rappelons tout de même qu’en mai 2020, la commune avait lancé la construction d’une piste cyclable reliant les deux sites RAVeL de Colfontaine, grâce à un subside de 100 000 euros obtenu auprès de l’ex-ministre de la mobilité, Carlo Di Antonio. À l’époque, c’est justement Lionel Pistone qui avait soumis cette proposition au collège communal PS-MR.