Déjà tendu, le climat social au sein du Logis Saint-Ghislainois vient de se détériorer encore un peu plus. C’est même peu dire, puisque la justice pourrait désormais s’en mêler et se saisir du dossier. En cause, un conflit de personnes et des images qui auraient été enregistrées par un responsable à l’insu d’un travailleur. Le SETca réclame désormais des réponses. "Jeudi, un conseiller en prévention s’est aperçu qu’un téléphone avait été posé sur un chemin de câble. Il s’est approché de l’appareil, s’est rendu compte qu’il était relié à un câble tiré depuis un local technique, l’a saisi et a vu que celui-ci filmait", explique Patrick Salvi, secrétaire régionale SETca Mons-Borinage.

Une fois l’appareil débranché, un responsable technique aurait quitté le local et réclamé son téléphone. "Le conseiller a refusé de le lui rendre et s’est dirigé vers le local de la directrice adjointe. C’était visiblement très tendu. Le téléphone a été restitué à son propriétaire et nous pensions naïvement que le lendemain, des explications seraient réclamées aux protagonistes. Mais cela n’a pas été le cas."

Les faits, s’ils venaient à être démontrés, ne sont évidemment pas anodins. En effet, une convention collecte de travail encadre l’usage de caméras de surveillance sur les lieux de travail afin de protéger la vie privée et la dignité du travailleur. La surveillance doit rester exceptionnelle et n’est autorisée que dans certains cas, bien déterminés. Par ailleurs, les travailleurs doivent obligatoirement être informés qu’ils sont filmés.

Ce qui, dans le cas présent, ne serait donc pas le cas. "Dans un e-mail, la directrice évoque le RGPD mais elle n’a pas l’air de condamner les faits. Le travailleur filmé a dès lors décidé d’aller porter plainte. L’inspection du bien-être au travail, la médecine du travail et la Société Wallonne du Logement vont être averties. Nous souhaitons que ces pratiques soient dénoncées mais plus encore, nous attendons des réponses", insiste Patrick Salvi.

"Dans quel objectif ces images ont-elles été prises ? Qui en a donné l’ordre ? S’agit-il d’un cas isolé, à l’insu même de l’employeur ? Du côté des travailleurs, la rupture de confiance est totale. Ils ne sont pas prêts à tourner la page sans avoir obtenu des réponses claires à leurs interrogations. Il s’agit d’un incident grave, nous demandons que toute la lumière soit faite sur ces faits et que les responsabilités soient prises."

Si la preuve est apportée que des images ont été enregistrées à l’insu du conseiller en prévention, l’auteur risque évidemment gros. "De mon côté, je ne rencontrerai les travailleurs concernés que ce mercredi afin de les entendre. Je n’ai jusqu’ici entendu que des bruits de couloir mais si les faits sont avérés, il s’agit évidemment d’une faute grave", concède Patrick Danneaux, président du Logis Saint-Ghislainois.

"Le conflit qui oppose les deux travailleurs n’est pas neuf et s’inscrit notamment dans un contexte d’élections sociales. Le climat s’est particulièrement détérioré ces dernières semaines, au point que l’on en arrive à des conflits dignes d’une cour de récréation. De mon côté, j’attends d’avoir pu entendre les deux travailleurs et de voir quelle réponse sera éventuellement donnée par la justice. Si une enquête est ouverte, nous ne pourrons que passer la main en attendant les conclusions."

À ce stade, les travailleurs ont décidé de poursuivre le travail. Mais des actions pourraient être envisagées si aucune réponse n’est apportée dans les prochains jours.