Ce lundi, une assemblée du personnel du Logis Saint-Ghislain évoquait un incident survenu quelques jours plus tôt et au cours duquel un travailleur aurait été filmé à son insu par un responsable de la structure. Rapidement, le SETca s’était saisi du dossier afin de réclamer des explications, voir un licenciement de l’auteur des faits si ceux-ci venaient à être établis. Les travailleurs concernés ne seront entendus par la direction du Logis que ce mercredi.

Cette rencontre aurait dû réunir le président du Logis, la direction mais également, dans un premier temps, la vice-présidence… Du moins, en partie. Selon nos informations, le premier vice-président, François Roosens – conseiller communal libéral et membre de la majorité à Saint-Ghislain – aurait été écarté des débats au contraire de son homologue, davantage étiqueté socialiste. Une attitude qui n’a pas manqué de faire réagir le réformateur, qui a tiré à boulets rouges sur son partenaire de majorité.

"Avant toute chose, je tiens à rappeler que je suis membre du SLFP, le syndicat libre de la fonction publique, et que le Logis n’est une structure publique. Il n’y a aucun conflit d’intérêts sur le point syndical", précise François Roosens. "Si j’ai demandé à être présent, ce mercredi, c’est parce que j’estime que j’avais des compétences à apporter mais surtout, parce que je souhaitais être garant de la diversité politique de la structure."

Et de poursuivre : "Soit les vice-présidents sont conviés, soit ils ne le sont pas. Mais on ne choisit pas l’un des deux parce que sa couleur politique nous arrange ! Il n’était pas question de permettre que cette histoire se règle entre camarades et que l’on m’évince, de peur que je sois le témoin d’arrangements dignes d’un autre temps. Ce que je crois, aujourd’hui, c’est qu’il y a eu l’une ou l’autre manipulation, du syndicat comme de mes partenaires de majorité, pour que le contentieux se règle discrètement."

François Roosens ne mâche donc pas ses mots à l’égard de ses partenaires politiques. "On a tenté de jeter le discrédit sur ma personne en évoquant des conflits d’intérêts. C’est totalement mensonger et c’est justement pour éviter tout cela que j’ai démissionné de mon échevinat (François Roosens a été échevin durant six mois avant de rendre son écharpe au profit de la fonction de président wallon du SLFP, NdlR). Il n’est pas question que j’accepte cela sans réagir."

Il nous était en effet revenu, plus tôt dans la journée ce mardi, que le principal intéressé aurait exercé une forme de propagande politique au sein du Logis Saint-Ghislainois, par exemple via la distribution d’agendas. "Des agendas SLFP ont été édités et plusieurs membres du personnel, après avoir aperçu mon agenda personnel, m’ont demandé s’il m’en restait. En toute naïveté, sans aucune arrière-pensée, j’ai donné les sept agendas qui étaient encore dans ma voiture."

Dans un contexte social tendu, notamment sur le plan syndical, la manœuvre a été épinglée. "Certains sont prêts à tout pour discréditer mon travail ou attenter à mon honneur. C’est un non-événement, un écran de fumée que l’on tente d’utiliser pour refuser ma présence à la rencontre de ce mercredi. C’est tout simplement écœurant." En coulisses, il apparait que de virulents échanges ont émaillé l’après-midi des partenaires de majorité.

Contacté, Patrick Danneaux (PS), le président du Logis Saint-Ghislainois nous a confirmé "qu'après réflexion, la réunion se tiendrait finalement en comité restreint", sans évoquer davantage la polémique. Seule la direction, le président et peut-être une avocate spécialisée en droits sociaux du logis seront présents. Une manière, probablement, d’apaiser les tensions et de préserver l’entente entre partenaires rouges et bleus alors que le torchon a pris feu.