C’est une bonne nouvelle pour le groupe Clarebout, une mauvaise pour les riverains opposés à son développement dans la commune de Frameries. Le conseil d’État s’est en effet prononcé dans le cadre de ce dossier en annulant la décision prise par l’ex-ministre Carlo Di Antonio (CDH), qui avait refusé au groupe flamant le permis unique sollicité pour la construction de son congélateur. Dans les faits, cette décision ne change pas radicalement les choses.

Et pour cause : le géant de la frite avait continué à construire et à exploiter son congélateur malgré l’absence de ce permis et des procédures judicaires toujours en cours. "C’est râlant, c’est certain", souligne-t-on du côté du comité de riverains, la Nature sans Friture. "Surtout quand les rapports du premier auditeur allaient royalement dans notre sens. Visiblement, le conseiller d’état n’a pas été convaincu par les arguments et ne les a pas suivis."

Le comité n’entend pas pour autant baisser les bras. "C’est une décision à laquelle nous nous attendions. Nous savions que nous n’allions pas réussir à lui faire démonter son frigo et que l’on ne gagnerait pas cette bataille. Ce que nous voulions, c’était lui montrer qu’on ne lâcherait jamais l’affaire et qu’à chaque étape de son projet, on serait là pour le contrer. Clarebout va récupérer son permis mais dans les faits, ça ne change pas grand-chose : il se l’était déjà rendu…"

Diverses actions sont encore en cours de préparation, dans le chef des riverains qui comptabilisent des victoires comme des défaites administratives et judiciaires, dans ce dossier sensible. "On sait qu’il fait ce qu’il veut une fois qu’il commence à construire. C’est pourquoi notre but est d’empêcher la construction de l’usine. Son usine ne viendra pas, nous ne lâcherons pas le morceau ! On continue d’y croire et de se mobiliser pour obtenir la modification du plan de secteur du périmètre Donaire."

Cette modification devra être tranchée par les ministres compétents, auprès de qui les riverains entendent une nouvelle fois aller plaider leur cause. À la suite de l’introduction d’une pétition rassemblant près de 2500 signatures, une audition devrait prochainement leur être accordée au parlement de Wallonie. Ils auront alors la possibilité d’insister sur l’importance, pour eux, d’obtenir gain de cause. En cas de modification du plan de secteur, ni Clarebout, ni aucune industrie lourde ne pourraient plus convoiter le site dont question.