Le bourgmestre d'Hensies estime que le Fédéral accumule les erreurs dans la gestion de cette crise.

Un couac monumental, un de plus. Alors que le ministre de l’intérieur Pieter De Crem avait annoncé que les visites frontalières seraient à nouveau autorisées ce samedi, ce sont des centaines de Belges qui se sont fait refouler dans la plus totale incompréhension à la frontière française. Après une annonce chaotique, le ministre Philippe Goffin précisait finalement samedi en milieu d’après-midi que l’autorisation ne concernait que les Pays-Bas, le Luxembourg et l’Allemagne. Les frontières de l’Hexagone resteront quant à elles fermées jusqu’au 15 juin au moins.

Sur le terrain, autorités locales et zones de police sont à bout. "C’est hallucinant, on peut clairement parler de faute de la part du Fédéral", déplore Éric Thiébaut (PS), bourgmestre d’Hensies. Ce samedi, ce dernier a été contacté par de très nombreux citoyens désireux d’obtenir une confirmation de la possibilité de passer la frontière pour revoir des proches ou faire des courses. "Je n’avais pas reçu l’information, je l’ai lu comme tout le monde dans la presse. L’annonce venant d’un ministre, nous supposions que c’était vrai."

Quelques heures plus tard, le bourgmestre était recontacté par des citoyens qui avaient été verbalisés. "Il a fallu attendre 14h30 pour que l’on reçoive l’arrêté royal. C’est dingue d’avoir communiqué de cette façon sans avoir obtenu l’accord du ministre de l’intérieur français. C’est le couac de trop dans une gestion déjà chaotique de la crise. Cela décrédibilise totalement le monde politique. C’en est dangereux pour la démocratie parce que les gens sont tentés de voter pour des extrêmes, des partis populistes."

Pour Éric Thiébaut, le Fédéral ne joue donc pas son rôle. "Entre l’incompréhension des acteurs de l’enseignement à qui on fait prendre des mesures drastiques pour un retour en classe avant de tout balayer d’un revers de main et la gestion catastrophique des masques,… La coupe est pleine. Nous attendons toujours les masques promis par le gouvernement. Si les communes n’avaient pas pris les devants, notre personnel soignant, nos citoyens seraient toujours dans l’attente. Trop, c’est trop."

Un constat partagé par d’autres bourgmestres, plus particulièrement dans la région des Hauts-Pays où la réalité transfrontalière est un fait : les bourgmestres d’Hensies, de Quiévrain, de Dour et d’Honnelles avaient déjà décidé de faire cavaliers seuls dans la gestion de cette crise en rendant obligatoire le port du masque dans les lieux publics confinés. Une décision qui avait été contestée puisqu’elle allait au-delà des recommandations émises par le niveau fédéral…