Il y a un peu plus de cinq ans, nous apprenions le départ du petit Antonio Di Michele. Le jeune garçon était à peine âgé de 14 ans, lorsqu’il est décédé dans les bras de son papa. Un décès qui a soulevé une vague de soutien dans la région. Et si l’histoire d’Antonio a touché, c’est parce que ses parents sont convaincus que leur jeune garçon a été victime d’une erreur médicale.

Youri et Ophélie avaient, dès lors, entamé une procédure judiciaire contre l’hôpital EpiCURA d’Hornu, suite au décès de leur enfant. Et la nouvelle est tombée dans le journal, La Province : l’hôpital et ses deux médecins sont renvoyés devant le tribunal correctionnel. "Après cinq longues années, je crois qu’on n’y croyait plus d’un point de vue judiciaire", explique la maman, Ophélie Degauquier. "On ne s’imaginait pas que le tribunal correctionnel se serait emparé du dossier. Ça n’atténue pas la peine, mais on avance vers une reconnaissance de l’erreur médicale. »

Le couple a d’ailleurs pu faire face aux deux médecins remis en cause, le 5 février dernier. Lors de la chambre du conseil, l’urgentiste concernée s’est adressée aux parents. "Elle nous a présenté ses condoléances, mais de manière si froide", déclare Ophélie. "Le pédiatre, lui, est très peiné par la situation. Nous nous sommes déjà parlé depuis lors, et il m’a avoué qu’il pensait à Antonio tous les jours. Mais c’est trop tard pour nous, le mal a été fait."

Le Parquet de Mons a d'ailleurs confirmé que ce renvoi devant le tribunal correctionnel ne signifie pas une décision de culpabilité. Pour la famille, le jugement n’a que très peu de valeur face à l’absence d’Antonio. Cinq ans, trois mois et vingt jours, que l’enfant a quitté sa famille. Une date qu’ils n’oublieront jamais, malgré le temps passé. "Il y a des jours où on y pense moins et des jours, où c’est très difficile pour tout le monde", confie Ophélie. "Vous savez, à certaines périodes, je suis bouleversée d’émotions comme la haine et la colère. Mais la tristesse est tellement grande que je m’effondre tout de suite après. On tient pour nos enfants et pour Antonio."

"C’est inimaginable de perdre un enfant, il n’y a rien de pire pour un parent"

Les parents du jeune garçon restent convaincus qu’il y a eu erreur médicale. Et le souvenir de cette journée, du 28 novembre, est encore bien présent dans la mémoire des parents. "C’était horrible de le voir aussi mal", décrit la maman. "J’en tremble encore rien qu’à y penser. Antonio se plaignait de douleurs à la tête et était frigorifié. Imaginez-vous, qu’il a lui-même demandé à appeler l’ambulance. Il n’avait que 14 ans…"

Et les parents ont été immédiatement alarmés, car Antonio était un patient fragile. En effet, le petit garçon n’avait plus de rate, rendant son cas plus urgent. Vers 13h30, la famille s’est présentée au centre hospitalier Epicura. Le petit a été pris en charge par une urgentiste. "Sa prise de sang était bonne, mais sa température était montée", explique Ophélie. "Le pédiatre a été contacté, et après plus de 3 heures d’attente, on nous a renvoyés chez nous. Les médecins ont pensé qu’Antonio souffrait d’un état grippal."

C’est quelques heures plus tard que le drame est arrivé. Alors que le petit était visiblement sonné par le médicament qu’on lui a administré, Youri s'est rendu compte que l’état de son fils était inquiétant. Dans les bras de son papa, Antonio a rendu son dernier souffle. Et du jour au lendemain, la vie de la famille a basculé. Persuadée d’une vie après la mort, la famille en a fait son combat. "C’est inimaginable de perdre un enfant, il n’y a rien de pire pour un parent", explique la maman en pleurs. "Quand vous entendez votre enfant dire qu’il a peur de mourir et de le perdre quelques instants plus tard, vous vous en voulez et vous ne vous en remettez pas. C’est pour cela qu’on ne demande qu’une chose, qu’on reconnaisse la négligence commise sur mon fils."

Cinq années durant lesquelles les amis, les proches et la famille n’ont pas arrêté de manifester leur amour pour Antonio. Les petits frères, Savino et Lorenzo, très peinés, pensent encore tous les jours à leur grand frère. "Antonio était un enfant unique, qui a laissé de beaux souvenirs à chacun d’entre nous", termine Ophélie. "Ce sont ces souvenirs et cet amour qui nous aident à avancer tous les jours. »