La qualité plus que la quantité, c’est le mot d’ordre qui circule en ce moment parmi les vignes du Vignoble de Sirault, ce dernier n’ayant pas été épargné par le gel et les conditions climatiques désastreuses de cet été. Les vendanges débuteront ce vendredi et se poursuivront encore ce samedi. Pour la coopérative, qui avait produit ses premières bouteilles en 2019, le moment est naturellement important.

"On sait que les vendanges seront moins bonnes car certaines parcelles ont été touchées par le gel", explique Thierry Vangulick, secrétaire de la coopérative. "Au niveau du Muscaris, on a perdu à peu près la moitié de la récolte en comparaison avec l’an dernier. Pour le johanniter, les pertes sont d’environ 30%. On a en revanche une parcelle de cabernet cortis qui n’avait pour ainsi dire rien donné l’an dernier, notamment parce qu’elle était un peu jeune, qui a bien porté cette année. Et le souvignier gris a lui aussi très bien résisté et devrait nous offrir une belle récolte."

De manière générale, on est donc loin du scénario catastrophe. "On s’en sort bien même si, à ce stade et tant que les vendanges ne sont pas terminées, on n’est pas en mesure de dire combien de bouteilles pourront être produites. Certains ont perdu pratiquement toute leur récolte ou près de 80%. On sait que la qualité sera là, plus que la quantité, on n’a pas à se plaindre." Lors des dernières vendanges, ce sont 6500 bouteilles qui avaient pu être remplies.

En Belgique comme ailleurs, l’art est donc difficile. "Il y a une multitude de choses qui entrent en ligne de compte. Le froid et le gel, l’humidité qui permet le développement des champignons, les oiseaux qui attaquent tous les cépages sans distinction,… On travaille en traitement raisonné, on a donc des pertes naturelles." Pour mieux comprendre et finalement mieux gérer la situation, la coopérative collabore actuellement avec le CARAH, le Centre pour l’Agronomie et l’agro-industrie.

"Il mène une étude sur l’une de nos parcelles afin d’étudier le traitement alternatif dans l’objectif de faire avancer notre compréhension des phénomènes climatiques sur les vignes. Nul doute que cela nous aiderait car aujourd’hui, nous ne disposons encore que de peu de recul." La coopérative est en effet récente mais ses produits rencontrent un franc succès, les bouteilles s’arrachant très vite. Elle regroupe par ailleurs une très grande majorité de membres originaires de Sirault. L’ancrage local n’est dès lors plus à démontrer.