Une fois de plus, le dossier Clarebout s’est invité dans les discussions du parlement, ce mardi matin. À la faveur d’une interpellation du député framerisois Manu Disabato (Ecolo), le ministre de l’aménagement du territoire, Willy Borsus (MR), est revenu sur les inquiétudes formulées par les riverains, qui avaient découvert que dans un arrêté ministériel signé de sa main, le ministre expliquait que le site Frameries Crachet était concerné par "une procédure de demande de permis unique de classe 1" et que "quatre projets sont à un stade avancé de concrétisation."

Des propos qui avaient fait bondir le comité la Nature sans Friture, qui y voyait là une forme d’aveu dans le chef du ministre quant à l’octroi d’un permis en faveur du groupe Clarebout. "Aucune demande de permis unique n’a été déposée auprès de mes services pour ce dossier", a clarifié Willy Borsus. "L’arrêté d’expropriation de la zone Pic et Plat stipule qu’une procédure de demande de permis unique de classe 1 est en cours ; cela ne veut pas dire pour autant qu’un permis sera accordé."

Au fait du dossier et des nombreuses inquiétudes qu’il suscite depuis maintenant deux ans, le ministre a admis qu’il s’agissait d’un dossier "complexe qui fait l’objet de recours." L’arrêté ministériel s’inscrivait quant à lui dans un contexte plus large d’expropriations sur la zone Pic et Plat en vue de permettre l’extension du parc industriel de Ghlin-Baudour par l’intercommunale IDEA. "Le dossier mentionnait l’état des disponibilités de l’offre et des besoins pour des terrains similaires à l’échelle de ce territoire, soit des parcelles de grande taille en zone d’activité économique industrielle (ZAEI) afin de mettre en exergue le besoin de nouveaux terrains industriels."

Et de poursuivre : "L’analyse de la demande a été réalisée en tenant compte de la situation et des caractéristiques et spécificités des différents parcs industriels, donc celui de Frameries-Crachet. C’est dans ce contexte qu’il y est évoqué (…) Il ne me parait pas erroné de prendre acte, dans les éléments d’analyse de la demande relative au dossier Pic et Plat, qu’une parcelle de 18 hectares est concernée par une procédure de demande de permis ou de constater que des projets sont à un stade avancé de concrétisation, dans la mesure où c’est le cas."

Bref, le ministre s’est voulu au moins rassurant sur un point : à ce stade, aucune demande de permis n’a été introduite et aucune décision n’a donc été prise quant à une possible future implantation du groupe Clarebout en région boraine.