Si le site est bel et bien exploité, contrairement à la décision d'Etat, des mesures seront prises pour contraindre l'entreprise Clarebout.

Suite et pas fin, dans le dossier Clarebout. La ministre de l’environnement, Céline Tellier (Ecolo) a une nouvelle fois été questionnée par le député wallon Manu Disabato alors que le comité de riverains opposé au projet attend toujours d’y voir plus clair quant aux différentes procédures en cours et surtout, à leurs conséquences pour le groupe industriel.

Le sentiment que Clarebout "fait ce qu’il veut" reste bien présent dans l’esprit des opposants. La ministre s’est pourtant montrée rassurante en confirmant que puisque la décision du tribunal de première instance n'était pas définitive, les travaux poursuivis depuis mai dernier étaient irréguliers. "Elle a sollicité la police de l’environnement pour qu’une descente puisse être organisée et que l’on puisse constater si oui ou non le site est exploité", explique Manu Disabato (Ecolo). "Si la réponse est oui, des mesures devront être prises pour faire respecter la décision du conseil d’état, qui avait décidé de ne pas invalider la décision du ministre Di Antonio."

Les procédures s’enchaînent donc dans un dossier qui reste particulièrement sensible. "La ministre s’est personnellement engagée dans ce dossier, nous ne pouvons qu’en être satisfaits. Je l’ai rencontrée jeudi dernier afin de mettre une série de choses en place et il est convenu qu’elle rencontre également le comité de riverains. Il est également convenu qu’elle interpelle à nouveau ce jeudi la police de l’environnement afin de voir où l’on en est. Les choses avancent donc"

Évidemment, rien n’est joué et pour les riverains, la bataille est loin d’être gagnée. "Il ne faut pas oublier que Clarebout a introduit une nouvelle demande de permis. La réponse des fonctionnaires technique et délégué est attendue dans les prochains jours. En fonction de leur réponse, il faudra aviser. Des recours sont toujours possibles, notamment de la part de la commune de Frameries." Un recours qui, à l’époque, aurait pu être suspensif mais qui n’avait pas été introduit.

Pour rappel, le conseil d’État a récemment rendu son verdict quant au recours introduit par la société afin de casser la décision de l’ex-ministre Carlo Di Antonio d’enlever le permis d’exploitation du frigo.Cette décision est défavorable au groupe, qui n’a cependant pas dit son dernier mot et poursuit ses démarches en activant tous les leviers à sa disposition pour arriver à ses fins, à savoir l’exploitation de son frigo, nécessaire avant d’envisager dans les années à venir la construction d’une unité de production de frites et autres produits dérivés de la pomme de terre.