Entre la commune de Frameries et la Région wallonne, le dialogue est visiblement compliqué. À tel point que certaines démarches administratives devraient être entreprises une nouvelle fois par la commune dans le cadre de son opposition aux desseins du groupe Clarebout, qui souhaite toujours s’implanter dans la commune boraine pour y construire une usine de produits surgelés.

Rappel des faits : en novembre 2019, la commune introduisait une demande de modification du plan de secteur auprès de la Région wallonne. La démarche a peu de chance d’aboutir mais si cela devait être le cas, le site Donaire passerait de zone industrielle à zone d’activité mixte. Des entreprises comme Clarebout ne pourrait dès lors plus s’y implanter.

90 jours après réception de la demande, la Région wallonne aurait dû se prononcer. Ce qu’elle n’a pas fait. La commune n’ayant pas envoyer de rappel, la procédure devient caduque. "La Région wallonne avait identifié un vice de forme", explique Jean-Marc Dupont (PS), bourgmestre. "Nous nous sommes rendus à Namur afin de faire le point et de réitérer nos arguments. Nous pensions que dans l’attente d’une clarification de la situation, la procédure était gelée."

La crise sanitaire est ensuite passée par-là. "Nous n’avons plus jamais obtenu de réponses de la part de la Région wallonne. Notre interprétation du dossier n’est pas la même que celle qu’en a aujourd’hui l’IDEA (qui est propriétaire du terrain, NdlR). Nous allons requestionner qui de droit afin de tirer tout cela au clair. Et s’il le faut, nous réintroduirons une nouvelle demande."

Si le bourgmestre n’avait pas anticipé cette situation, il se montre serein. Et pour cause : tout au long des procédures communales, dont l’échéance arrivera au printemps 2022, les terrains restent indisponibles… Pour Clarebout comme pour d’autres candidats investisseurs. La commune est donc – pour l’instant – à l’abri, et aurait même tout intérêt à profiter des délais impartis. "Le combat mené par les riverains est noble et légitime. Nous avons montré, par nos décisions, que nous étions également opposés à l’implantation de cette usine. Nous avons engagé des procédures lourdes et complexes. Nous ne reculerons pas maintenant."

Notons encore que si la procédure de révision du plan de secteur doit possiblement être relancée, la procédure SOL (schéma d’orientation local), qui doit empêcher à des entreprises de la taille de Clarebout de s’installer sur la parcelle actuellement convoitée, se poursuit jusqu’ici sans encombre.