Elle a une nouvelle fois été sollicitée lors de la commission environnement.

Pas un jour ne passe sans que le dossier Clarebout ne fasse l’actualité. Ce mardi, il est une fois de plus venu à la table des débats de la commission environnement du parlement wallon. À la faveur d’une interpellation conjointe de Joëlle Kampompole (PS) et de Manu Disabato (Ecolo), la ministre Céline Tellier (Ecolo) a été invitée à faire le point sur le dossier.

Il faut écrire que ces derniers jours, quelques nouveaux éléments se sont ajoutés à un dossier qui n’en finit pas de s’étoffer. Le très attendu rapport dressé par le département de la police et des contrôles (DPC) a été transmis à la commune de Frameries. Après une première analyse, cette dernière a estimé qu’elle n’était pas en mesure d’intervenir, au contraire de la Région wallonne.

Le jeu de ping-pong entre les différents niveaux de pouvoir se poursuit donc. "Il faut cesser de se renvoyer la balle et faire passer le message selon lequel une entreprise, quelle qu’elle soit, se doit de respecter les décrets, règlements et législations en vigueur", a insisté Joëlle Kapompole. "Nous aurions aimé une position claire de l’ensemble du gouvernement sur ce dossier. Se renvoyer la balle n’est qu’un mauvais signal vers des citoyens qui s’impatientent légitimement."

Déjà sollicitée à de nombreuses reprises dans ce dossier, la ministre a bien confirmé que le frigo construit sur le site de Frameries ne disposait pas de permis, "ni pour le volet urbanisme, ni pour le volet environnement suite à la décision sur recours du précédent ministre" (Carlo Di Antonio, NdlR). On sait que cette décision est toujours contestée par le groupe Clarebout devant le Conseil d’État.

"La situation est complexe, ce qui explique en partie les délais, mais je comprends et partage l’impatience des acteurs et citoyens d’avoir une situation claire. À cet effet, l’administration a estimé nécessaire de demander à l’exploitant les divers documents permettant d’avoir une vue objective et lui permettant d’apprécier la situation de l’exploitation." L’administration a transmis ledit rapport à la commune et attend désormais sa réaction.

"Il serait faux de dire que l’on pourrait, en Wallonie, continuer d’exploiter son établissement sans permis. L’infraction d’absence de permis peut être sanctionnée, pénalement par le procureur du roi ou administrativement par une décision du fonctionnaire sanctionnateur régional. Il est important, pour la crédibilité de l’autorité publique, que des activités non autorisées ne soient pas poursuivies, même si elles ne représentent pas un risque important pour les riverains et l’environnement."

On rappellera que la commune attend un avis juridique définitif avant de se positionner mais que sur base du rapport, elle avait estimé ne pas être en mesure de réagir. Les installations du groupe étant jugées conformes et ne présentant aucun risque pour l’environnement ou la santé humaine, elle estimait avoir les mains liées. Une position qui a une nouvelle fois été formulée ce lundi soir au conseil communal au cours d’échanges plutôt tendus entre majorité (PS-MR) et l’opposition Be Frameries.