Selon le président de l'IDEA, des menaces auraient été proférées et des dégradations commises.

Entre le comité « Les amis du Crachet », opposé au projet d’usine à frites de l’entreprise Clarebout Potatoes et l’IDEA, rien ne va plus. Les tensions semblent en tout cas bien réelles, à tel point que Marc Darville (PS), président de l’intercommunale, a fait part de son intention de déposer plainte ce lundi pour des faits « d’agressions et d’intimidations envers la structure et le personnel. »

Des faits qui seraient différents de ceux constatés la semaine dernière (de l’huile de friture avait été déversée sur l’habitation des voisins de la directrice générale de l’intercommunale, NdlR). « Des menaces avec atteinte à la personne ont été proférées. Des dégradations ont également été observées dans des projets liés à l’intercommunale. Pour des raisons évidentes de protection des personnes concernées, nous ne pouvons en dire plus. »

Mais pour Marc Darville, « ces faits répréhensibles ne peuvent rester sans réaction. » Contacté par nos soins, le président dit regretter la tournure que prennent ces événements. « J’aimerais que la collaboration avec les riverains soit plus simple. Je suis quelqu’un d’ouvert et je comprends sincèrement leurs craintes. Malheureusement, je pense qu’ils se trompent de cible. IDEA a rempli une mission reprise sans son core business. Ce n’est pas à elle à se prononcer sur le projet.»

Un projet qui, depuis sa médiatisation, ne cesse de diviser. « Ce n’est qu’au cours de l’étude d’incidence que les nuisances potentielles seront détaillées. Tous les administrateurs ont un avis personnel sur ce projet mais nous ne pouvons pas pour autant le prendre en compte. Il existe des procédures, une législation claire et une marche à suivre. Personne, au sein du conseil d’administration, n’est au-dessus des lois.»

Au nom du comité de riverains, Jean-François Adam se dit étonné. « Nous avons tenté d’en savoir plus auprès de Marc Darville mais il n’a pas donné suite à nos sollicitations. Nous ne savons donc pas de quels faits il parle ou ce qu'il nous reproche. Si des dégradations ont effectivement été commises, que l’on nous donne des faits concrets, que la police nous contacte. Nous ne pouvons pas être tenus responsables de tous les agissements répréhensibles de la région. »

Et d’ajouter : « Nous n’avons jamais utilisé la violence, c’est quelque chose que l’on ne peut tolérer. Nous continuerons à mener nos actions de manière pacifique. » Par mail et via les réseaux sociaux, la pression est d’ailleurs mise par le comité pour qu’un conseil extraordinaire soit organisé dans les prochains jours. Objectif, que le droit de préférence accordé à l’entreprise soit rediscuté et que les administrateurs se prononcent fermement sur le dossier… Avant les élections de mai prochain.