Le comité de riverains estime que l'IDEA change de position face à Clarebout.

Le dossier Clarebout a une nouvelle fois été au cœur des discussions ce vendredi. L’intercommunale IDEA, propriétaire des terrains convoités par le groupe, avait invité les membres du comité de riverains la Nature sans Friture afin de faire le point sur le dossier mais surtout, de leur annoncer "dans un cadre serein" la mise à l’ordre du jour d’un point lors du prochain conseil d’administration, fixé au 18 mars.

"Lors du CA de ce 19 février, le dossier relatif au projet de développement des activités de l’entreprise Clarebout à Frameries a été abordé en séance", confirme-t-on du côté de l’IDEA. "Ce point portait sur la question de l’affectation des terrains au plan de secteur et de l’adéquation du projet au site à travers la délivrance des permis."

Ce qui relève des compétences de la Région wallonne, exercées par les fonctionnaires délégués et techniques sur base de différents documents, notamment l’étude d’incidence, les avis des différentes instances compétentes et le résultat de l’enquête publique. "Le conseil d’administration, informé le matin même de la rencontre toute proche du ministre wallon de l’économie Willy Borsus avec les riverains, a décidé de reporter ce point en mars prochain afin de ne pas créer d’éventuelles interférences."

Du côté du comité de riverains, on ne sait plus vraiment sur quel pied danser. "Si le point n'avait pas été reporté, nous étions une fois encore mis devant le fait accompli. L’IDEA nous a expliqué que le réviseur avait supposé une attaque éventuelle de Clarebout et qu’il avait évalué une provision très élevée", explique Florence Defourny, membre du comité de riverains. "On nous a rappelé que le rôle de l’IDEA était d’attirer des entreprises et de proposer des terrains conformes. En résumé, on nous a annoncé que si Clarebout obtenait le permis pour construire son usine, les terrains lui seraient vendus."

Une position qui scandalise évidemment le comité, mobilisé depuis de très longs mois contre l’extension des activités du groupe à Frameries. "Il y a plusieurs mois, le CA a déclaré que le terrain était inadapté à l’entreprise. Et aujourd’hui, parce qu’il y a un risque financier, on revient sur cette position. On constate une fois qu’encore que parce qu’il a de l’argent, on lui passe tout. Soudainement, le terrain va à nouveau être adapté ? C’est n’importe quoi."

Et de poursuivre : "On nous reproche d’être dans l’émotionnel. C’est en partie vrai car nous sommes directement concernés et personne ne va nous protéger de la construction de cette usine à deux pas de nos habitations. Mais on constate surtout qu’il n’y a pas de volonté de penser à une autre stratégie pour attirer des entreprises autres que celle-là… Alors qu’aujourd’hui, la commune de Frameries n’en veut plus !"

Les riverains estiment désormais que si risque financier il y a, c’est à l’intercommunale de l’assumer. "Nous n’avons pas attiré Clarebout chez nous. La commune l’a fait, IDEA l’a fait. S’il faut payer, qu’ils paient ! Ce n’est pas à nous à subir les conséquences d'un dossier mal géré dès le début." Le comité rencontrera Willy Borsus ce lundi. Il espère pouvoir faire venir le ministre sur place et compter sur le soutien du président du MR, Georges-Louis Bouchez, farouchement opposé au projet.