Borinage

Aux côtés de grosses pointures, les artistes locaux et émergents ne sont pas oubliés.

Dès ce mercredi et jusqu’à dimanche soir, ce ne sont pas moins de 252 concerts qui seront organisés sur les 8 scènes installées aux pieds des éoliennes. Autant écrire que pour l’équipe programmation du festival de Dour, l’excitation est à son comble. C’est le travail d’une année qui sera encensé ou boudé par le public tout au long de ces cinq jours.

Cette semaine de festivités est donc cruciale. "Nous allons pouvoir constater nos erreurs, voir quels sont nos succès en matière de programmation, nous allons tenter de sentir le public, de voir s’il est plus rock, plus électro,… Car il évolue d’année en année", explique Alex Stevens, programmateur aux côtés de Mathieu Fonsny. Cette année, force est de constater que les places d’honneur sont très noir-jaune-rouge.

"Pour la première fois dans l’histoire du festival, nous avons quatre artistes belges en tête d’affiche : Damso et Roméo Elvis sur the Last Arena, et Amelie Lens et Charlotte De Witte sur la Balzaal. A côté de ces pointures, nous continuons à donner de la visibilité aux artistes locaux. Ce sera le cas pour Lenny Pistol, artiste montois, ou encore de Jakomo, des Bruxellois qui ont remporté un tremplin auquel 275 artistes non-signés ont participé."

Pour ces jeunes talents, le Dour Festival est une carte de visite inespérée. "Aujourd’hui, la promotion d’un artiste passe inévitablement par les concerts. C’est via ce genre d’événements qu’ils peuvent se faire connaitre. Le festival a permis à de nombreux artistes de sortir de l’ombre. Il y a quelques années, Roméo Elvis se produisait sur notre scène alors qu’il n’était pas connu. Dour, c’est une belle histoire d’amour entre les artistes, le public… Et les programmateurs."

Si l’équipe tente avant tout de se faire plaisir en programmant les artistes, elle ne laisse rien au hasard. "Nous définissons d’abord l’ambiance que nous souhaitons donner à chaque scène. Ce n’est qu’une fois ce travail terminé que nous tentons de remplir les cases. C’est un véritable puzzle qui débute !" Pour trouver la source d’inspiration, les programmateurs sillonnent les festivals belges et internationaux. Ils reprendront par exemple le travail aux alentours du 15 août prochain, avec le Pukkelpop, Cabaret Vert et le festival de musique émergente, au Canada.

Le coup de coeur d'Alex Stevens

"Le labo est véritablement la scène dédiée à nos coups de cœur. Nous travaillons en fonction de ce que l’on aime, donc je pourrais citer tous les artistes présents pour cette édition 2019 ! Mais je peux épingler Gus Dapperton, qui se produira dimanche, et Boy Pablo qui propose une indie pop très ensoleillée."

Une édition 2019 plus metal

Avec une programmation aussi riche qu’éclectique, le Dour Festival séduit a priori tous les publics. Ces dernières années cependant, les amateurs de musique plus « dures » restaient sur leur faim. « Nous n’avons jamais arrêté de programmer du metal mais il était distillé sur quatre ou cinq jours, si bien que certains n’achetaient pas leurs tickets parce qu’ils ne trouvaient pas leur compte sur l’ensemble du festival », explique Alex Stevens. « Cette année, nous avons un jour qui est davantage dédié à cette musique. Le fait de se concentrer sur une journée semble porter ses fruits puisque beaucoup annoncent le retour d’une scène metal. » Et de conclure : « le rock et le metal font partie de l’ADN du festival et cela reste un genre très apprécié dans la région. Nous n’avons pas la volonté de balayer tout cela. »