Sa fondation a aidé à mettre en place un programme et des structures particulières pour des enfants confrontés à l'échec.

"Seul l'arbre qui a subi les assauts du vent est vraiment vigoureux, car c'est dans cette lutte que ses racines mises à l'épreuve se fortifient". Cette citation de Sénèque est inscrite sur une pancarte donnant accès au jardin de l'institut de la Sainte-Union à Dour. Un jardin aménagé et cultivé par les élèves de 1er et 2e différencié. Et c'est tout un symbole.

En effet, sur les quelque 1210 élèves que compte l'institut, ils sont 25 à suivre des cours pas comme les autres dans des "classes ateliers". Arrivés en bout de course de l'enseignement fondamental, ces enfants n'ont pas encore obtenu leur CEB. Les classes ateliers sont là pour les aider à se raccrocher à la vie scolaire pour leur permettre ensuite de se lancer dans l'enseignement secondaire, technique ou général.

"L'aventure a débuté en 2011 par un constat des enseignants: les enfants qui se trouvent dans le premier degré différencié trainent souvent des soucis scolaires depuis longtemps, qu'ils soient de compréhension, de mémorisation ou autres", explique Manu Bortolin, directeur de la Sainte-Union. "Ces soucis peuvent s'expliquer la plupart du temps par des facteurs extérieurs à l'école, d'ordre psychologique, familiaux, souvent liés à un milieu défavorisé."

Pour aider ses élèves à rester accrochés, un groupe d'enseignants se lance donc dans l'aventure en 2011 en mettant en place une autre manière d'enseigner, avec un horaire particulier, l'organisation d'activités diverses ou encore l'utilisation de pédagogies différentes. Dans un premier temps, ces classes particulières trouvent refuge dans les salles paroissiales, à 200 mètres de l'institut Sainte-Union. Depuis, il a coulé de l'eau sous les ponts. Grâce à un subside de la Fondation Reine Paola, des structures modulaires sont sorties de terre sur le site de l'institut. Un jardin a pu être aménagé. Du matériel, dont des ordinateurs portables, a été acheté.

Ce jeudi, la reine Paola a pu constater comment l'aide de sa fondation a permis, durant cinq ans, de mettre en place ces classes ateliers permettant aux jeunes arbres de l'enseignement différencié de mieux résister au vent. Passer des heures sur un banc n'était pas fait pour eux. Mais ici, ils peuvent apprendre la géométrie en construisant un potager, creuser leur français au détour d'une comédie musicale ou s'initier à la langue de Vondel en cuisinant. Ici, les élèves de 1er et 2e différencié ont le temps de prendre racine dans la vie scolaire. Mieux armés, ils pourront ensuite s'épanouir vers d'autres cieux.

La collaboration avec la fondation de la reine Paola a permis de mettre en place ces classes ateliers qui vont pouvoir maintenant poursuivre sur leur lancée. Les enseignants de l'institut Sainte-Union, eux, ne comptent pas en rester là et se jettent déjà dans un nouveau défi avec "Ecoles Wallonie Demain", pour poursuivre la sensibilisation des élèves au développement durable.