Le mot d’ordre était clair : faire un maximum de bruit en assurant une présence pacifiste. L’action organisée ce mercredi soir par le CoCiCoLens, le comité de riverains opposés au projet Boucle de Hainaut – cette ligne à très haute tension qu’Elia souhaite construire entre Avelgem et Courcelles à l’horizon 2028 – s’est soldée par une belle mobilisation.

Après avoir suspendu leur présence au sein des différents conseils communaux, des représentants du gestionnaire Elia étaient attendus à Lens pour présenter leur projet au conseil communal. Une centaine de riverains avaient également répondu à l’appel afin de manifester leur profonde opposition à celui-ci.

Réuni sur la place de la Trinité, le comité a pu compter sur le soutien de plusieurs agriculteurs, présents avec leur tracteur, et avait mis les bouchées doubles en matière de déguisements, pancartes et calicots. Pour l’occasion, une chanson librement inspirée du titre "Ella, Elle l’a" et rebaptisée "Elia Elia" a été scandé à cor et à cri sous surveillance policière.

À tel point qu’au sein du conseil communal, entendre les explications données par les deux représentants du gestionnaire relevait parfois de l’exploit. Ceux-ci ont présenté le projet dans sa globalité mais ont également évoqué les pistes et possibilités qui pourraient être exploitées comme alternative au projet actuel. "Nos élus étaient extrêmement bien préparés. Nous avons travaillé ensemble afin d'épingler des questions précises, pointilleuses et sommes très fiers d'avoir pu mettre Elia en difficulté", confie Virginie Margerin, de CoCiCoLens. "Le gestionnaire a finalement avoué que le projet n'était pas mené dans un intérêt général uniquement."

Dans la petite communale rurale, le projet ne fait pas l’unanimité, et c’est peu dire. L’ensemble des élus s’y montre d’ailleurs défavorable, estimant que le passage de la ligne (aérienne, rappelons-le) dénaturerait le paysage campagnard de Lens mais provoquerait en plus de très nombreuses nuisances pour des riverains en quête de tranquillité en plus d’effets peu enviables sur la santé ! La bourgmestre, Isabelle Galant, a plaidé en ce sens, ajoutant qu’elle ne pourrait accepter un projet aux conséquences aussi nombreuses et néfastes.

Les riverains ont donc obtenu le soutien qu’ils attendaient et montrer que la mobilisation ne faiblirait pas. Mais rien n’est joué, que du contraire : la pression devra être maintenue tout au long des démarches, qui s’annoncent aussi lourdes que longues. Le comité devrait apporter son soutien ce 27 octobre aux agriculteurs à l'appel de la Fugea, rencontrer leurs homologues flamands, exposer leurs points de vue aux députés et finalement rencontrer le ministre Willy Borsus. Le comité espère également pouvoir réunir l'ensemble des groupements citoyens dans le cadre d'une rencontre commune avec Elia.