Ces derniers jours, bon nombre de zones de police ont annoncé devoir écarter des policiers à cause du coronavirus. À Mons, le commissariat de proximité de la place Louise a même dû être fermé temporairement. La deuxième vague de l'épidémie déferle sur la Belgique. Or, les forces de l'ordre sont particulièrement exposées.

La situation inquiète le député-bourgmestre d'Hensies (PS). À la Chambre, Eric Thiébaut a interpellé la ministre de l'Intérieur pour demander de revoir la politique de testing envers les forces de police. "Nos policiers sont extrêmement exposés sur le terrain et ils jouent un rôle essentiel dans la lutte contre le coronavirus. Dans ma région, par exemple, on dénombre 80 policiers touchés rien que pour la zone de police de Mons et une cinquantaine pour la zone de police de La Louvière. C'est énorme", a relevé Eric Thiébaut. 

"Que se passe-t-il concrètement dans un commissariat lorsqu'un policier est positif au COVID? Il est évidemment écarté et ses collègues sont mis en quarantaine. Mais, si le testing n'est pas organisé pour tous ses collègues et si le résultat de ce testing doit être attendu sept jours, on risque de devoir fermer un très grand nombre de commissariats dans les semaines à venir. Si on n'adapte pas la stratégie de testing, on court vraiment à la catastrophe au niveau de la police. Il faut tout mettre en œuvre pour préserver nos policiers. Nous avons plus que jamais besoin d'eux sur le terrain."

Annelies Verlinden (CD&V) a répondu qu'une task force a été mise sur pied pour la police et qu'elle suit de près les cas de coronavirus détectés parmi les forces de l'ordre. Sans surprise, Liège, le Hainaut et Bruxelles sont les plus touchés. Elle a indiqué avoir pris contact ave le ministre de la Santé publique, Franck Vandenbrouchke, pour que le dépistage des policiers, mais aussi des pompiers et autres services de secours, soit prioritaire. Enfin, la ministre de l'Intérieur explique que dans le cas où une zone de police ne serait plus capable d'assurer ses missions, elle peut demander de l'aide à d'autres zones. Un appui du fédéral peut également être sollicité.

Si Eric Thiébaut se réjouit que le dépistage devienne prioritaire pour les policiers et les pompiers, il reste quelque peu perplexe sur la question des renforts. "J'ai eu l'écho qu'en fait, on demandait aux zones locales de demander du renfort d'abord aux zones voisines. Mais les zones voisines connaissent toutes le même problème. Vraiment, je vous invite à imposer à notre police fédérale qu'elle vienne en aide plus efficacement à nos zones", a conclu le député.