Jusqu’ici resté discret sur les faits d’agression commis dans la nuit de samedi à dimanche à Quaregnon, rue Paul Pastur, le parquet de Mons a confirmé, ce jeudi, que quatre perquisitions avaient pu être ordonnées dans le cadre de ce dossier. Elles ont donné lieu à l’interpellation de quatre individus. Ce sont finalement, comme nous l’annoncions dans nos colonnes ce mercredi, trois mandats d’arrêt qui ont été délivrés par le juge d’instruction en charge du dossier. La quatrième personne a été relaxée après audition.

Tous les suspects sont nés entre 1992 et 1996 et sont originaires de Quaregnon. Seul l’un d’entre eux était déjà connu de la justice pour des antécédents de faits de violence. Le parquet confirme par ailleurs que les faits semblent s’inscrire dans un contexte de rivalité nationaliste entre communauté turque et kurde et intervenir à la suite de la diffusion, par la victime, d’une vidéo à connotation nationaliste.

L’inculpation retenue vise des coups et blessures avec préméditation et incapacité, avec la circonstance que l’un des mobiles est la haine, le mépris ou l’hostilité à l’égard d’une personne en raison de sa prétendue race ou de sa conviction religieuse. Si trois interpellations ont d’ores et déjà pu avoir lieu, d’autres auteurs sont toujours activement recherchés par les enquêteurs. Leur nombre n’est pas clairement arrêté mais selon un proche de la victime avec qui nous nous étions entretenus, ceux-ci étaient au nombre de huit.

Quant à la victime, d’origine kurde, ses jours n’ont jamais été en danger mais elle présente d’importantes plaies et notamment une fracture du crâne. Particulièrement choquée par cette agression survenue en début de nuit, aux alentours d’une heure du matin, dans son propre appartement, elle avait préféré quitter son emploi et la région pour rejoindre des proches. Dans la communauté kurde de Quaregnon, la crainte est par ailleurs bien réelle. La communauté turque avait elle aussi réagit à ces faits et tenté d’apaiser les esprits.