Borinage La police et le parquet n'envisagent pas de poursuite.

L'affaire a fait grands bruits dans la région de Dour. Pour rien. En date du 2 octobre, le parquet de Mons avait été informé d’une tentative d’enlèvement de quatre mineurs âgé de 5 à 9 ans. Selon leurs témoignages concordants, quatre personnes cagoulées qui se trouvaient à bord d'une camionnette blanche avaient tenté de kidnapper deux des quatre enfants : un petit garçon et une petite fille. Mais finalement, deux jours plus tard, les enfants ont avoué avoir inventé toute cette histoire "pour éviter des remontrances relatives à l’état vestimentaire des enfants par leurs parents", signalait le parquet.

Dix jours plus tard, le parquet de Mons effectue encore les derniers devoirs nécessaires avant de clôturer définitivement cette affaire. Mais avant de refermer le dossier, le parquet devra décider s'il envisage ou non d'entamer des poursuites envers les familles concernées. "Je ne pense cependant pas que le parquet donnera suite même s’il est vrai que cela engendre des frais de justice qui ne sont finalement à charge de personne", explique Julie Baiwy, magistrate de presse au parquet de Mons. "Ce n’est pas la première fois qu’on a ce genre de cas."

De son côté, la zone de police des Hauts-Pays a déjà pris la décision de ne pas rédiger de procès-verbal. "Mais nous aurions pu le faire comme dans le cadre d’une fausse alerte à la bombe", signale le chef de corps Patrice Degobert. "Même s'il s'agit de mineurs d'âge, nous aurions pu le faire. Toute personne peut commettre une infraction. Pour les mineurs, on appelle cela des "quasi"-infractions. La protection de la jeunesse intervient donc il n’y a pas de sanction judiciaire."

Le zone de police aurait aussi pu intenter une procédure au civil envers les parents. Selon les alinéas 2 et 5 de l’article 1384 du Code civil, le père et la mère sont en effet tenus responsables du dommage causé par leurs enfants mineurs. "Nous aurions pu nous saisir de l’affaire au civil pour réclamer des dommages et intérêts aux parents suite à cette fausse histoire qui a nécessité un déploiement policier supplémentaire notamment", précise Patrice Degobert. "Mais nous avons décidé de ne pas le faire."

Cette histoire inventée avait été prise très au sérieux par les autorités policières et judiciaires et toutes les vérifications ont été effectuées. La police des Hauts-Pays était évidemment sur les dents durant plus de 24 heures en multipliant les patrouilles et les enquêtes de voisinage à Dour. De quoi créer un véritable vent de panique dans la région. La police avait d'ailleurs appelé au calme et à l'apaisement en ne sachant pas si ces faits étaient avérés ou non.