Les Amis du Crachet, le collectif citoyen opposé à l'implantation d'une méga-usine à frites à Frameries, n'ont pas fini d'en voir de toutes les couleurs avec Clarebout Potatoes. Ils viennent en effet d'apprendre que le géant de la pomme de terre a introduit en mai dernier une demande de subside auprès de la Région wallonne. Signe que l'entreprise est toujours bien déterminée à s'implanter à Frameries, malgré les polémiques et la vive opposition.

C'est par le député wallon du PTB, John Beugnies, que les Amis du Crachet ont appris la détonante nouvelle. Un membre du collectif, citoyen ordinaire, avait tenté en mars dernier de connaître les aides publiques que Clarebout Potatoes percevait. Balloté de service en service, il attend toujours sa réponse. En interpellant le ministre Willy Borsus (MR), le député John Beugnies a eu plus de chance.

La réponse écrite du ministre indique que Clarebout Potatoes est coutumière des subsides wallons. Ces cinq dernières années, l'entreprise a ainsi reçu la moitié d'un subside de 1,1 million d'euros pour réduire la facture énergétique sur son site de Warneton. Une prime de "protection de l'environnement" lui a également été octroyée pour ce site, à hauteur de 843.487 euros. Une autre prime de 975.000 euros a été accordée à l'entreprise pour accompagner un investissement à Warneton, avec 24 emplois à la clé. Mais elle n'a pas encore été payée, le projet ayant pris du retard. Notons également que pour son centre de logistique et de stockage que le groupe Clarebout exploite sans permis à Frameries, une prime de 600.000 euros a été accordée, conditionnée à la création de 8 emplois. Une première tranche de 240.000 euros a été versée en septembre 2018 après la réalisation de plus de 25% du projet. Les aménagements sont depuis terminés, mais le restant de la prime est en suspens, le dossier étant empêtré dans un imbroglio à la fois juridique, administratif et politique.

Ces aides font grincer plus d'une dent parmi les Amis du Crachet où l'on ne manque pas de rappeler que l'entreprise est largement bénéficiaire et rétribue grassement ses actionnaires, principalement des membres de la famille Clarebout, 39e fortune du pays. Mais la frite reste carrément coincée en travers de la gorge quand le collectif de citoyens apprend qu'en plus des primes déjà octroyées, l'entreprise a également introduit une demande de subsides le 7 mai dernier pour son projet de méga-usine à Frameries.

La demande est en cours d'examen. D'aucuns pourraient estimer qu'elle a peu de chances d'aboutir au regard des vives polémiques et de l'opposition tenace. Mais les Amis du Crachet ont appris à ne plus dormir sur les deux oreilles, habitués aux décisions incompréhensibles sur le dossier Clarebout à Frameries. Après tout, l'entreprise exploite déjà sans permis son centre logistique malgré l'opposition affichée de plusieurs ministres. Ayant perdu confiance dans le monde politique, les citoyens craignent donc un nouveau passage en force du géant de la pomme de terre. De quoi alimenter le scénario de la prochaine action théâtrale que les Amis du Crachet préparent.