Une erreur administrative permet à la commune de changer son fusil d'épaule

À chaque jour son lot de surprises dans le dossier Clarebout ! Mercredi, alors qu'ils manifestaient une nouvelle fois leur mécontentement auprès de Jean-Marc Dupont et Elio Di Rupo lors d'une conférence-débat organisée par ce dernier au PASS, les riverains apprenaient que suite à une erreur administrative, la commune devrait à nouveau afficher la décision d'octroi de permis pour l'aménagement d'un congélateur/centre logistique de produits finis à côté des deux centres de stockage existants.

Cette bourde administrative (en fait une erreur de date sur le premier affichage) offre à la commune une nouvelle période de recours. Autant écrire que les riverains opposés au projet mettent la pression sur le collège communal pour que celui-ci saisisse cette opportunité de faire stopper les travaux, déjà en cours. L'opposition, plus précisément Be Frameries, insiste elle aussi sur la nécessité d'agir aujourd'hui.

“ Alors que, lors du premier affichage, la commun pouvait déjà éviter que les travaux de construction puissent se faire, nous avons là une opportunité unique de faire stopper les travaux de suite et de mettre un frein à l'installation de l'usine Clarebout à Frameries ”, ont communiqué Manu Disabato (Ecolo) et Catherine Fonck (cdH). “ Vu de cette situation, la commune est à nouveau en capacité de faire stopper les travaux car son recours est suspensif. ”

Réuni en collège ce jeudi matin, la majorité PS-MR a confirmé son intention d'introduire un recours. Mais pas question de se précipiter. “ Dans un premier temps, nous devons obtenir un écrit de l'administration wallonne pour confirmer que la procédure doit être relancée. Jusqu'ici, nous n'avons été avertis qu'oralement ”, insiste Jean-Marc Dupont, bourgmestre. “ Dans tous les cas, des contacts sont également pris avec un bureau d'avocats spécialisés dans la matière afin de préparer notre recours. ”

Pour la majorité, les enjeux sont importants. “ Il n'est pas question de faire n'importe quoi. Nous avons une carte à jouer mais nous ne voulons pas donner de faux espoirs aux citoyens, nous devons avant toute chose sécuriser notre dossier, d'un point de vue juridique. Car en face, Clarebout a également des avocats. ” La décision politique est donc prise, reste à la mettre en œuvre. Seul un recours introduit par la commune pourrait entraîner la suspension des travaux déjà entrepris sur le site.

“ Je ne peux préjuger des décisions qui seront rendues. Notre recours sera-t-il jugé recevable, obtiendra-t-on gain de cause ? Impossible à dire aujourd'hui. ” Dans un premier temps, la commune ne s'était pas opposée à cette première phase. “ Nous saluons la démarche des riverains, qui est une démarche citoyenne et positive. C'est grâce à eux que nous avons pris la mesure de certains aspects. Nous constatons que malgré l'inquiétude des riverains, les messages négatifs, Clarebout ne réagit pas. Ce qui nous indispose beaucoup. Notre regard sur l'investisseur a évolué. S'il n'a rien à se reprocher, qu'il le dise ! ”