Borinage

Le tribunal a estimé que le ministre avait statué tardivement.

C’est la douche froide pour les riverains qui s’opposent depuis de longs mois à la construction d’un congélateur par le groupe Clarebout sur la commune de Frameries. Ce mercredi, le tribunal civil de Mons aurait dû rendre son jugement dans le cadre de l’annulation du permis par le ministre Carlo Di Antonio (cdH), qui avait considéré que les nuisances liées au projet n’avaient pas été étudiées dans leur globalité. C’est finalement ce jeudi que le verdict est tombé.

Le permis n'est toujours pas octroyé. Une procédure au conseil d'état est toujours en cours pour ce volet. Mais les travaux, suspendus le 2 mai dernier et dont la suspension avait été confirmée le lendemain par le fonctionnaire délégué de la Région wallonne, pourront bien reprendre. En réalité, le tribunal a estimé que le deuxième avis d'affichage, réalisé parce que les informations communiquées sur le premier étaient incomplètes, n'était pas nécessaire. La réponse du ministre, tombée à l'issue de cette deuxième période, a dès lors été considérée comme "tardive." Elle aurait dû intervenir à l'issue de la première période.

"Le juge confirme que le ministre a statué tardivement. Cela signifie que nos travaux ne sont pas infractionnels et qu’ils pourront être poursuivis", explique, soulagé, Jan Poté au nom de la société Clarebout. "On parle bien ici du centre logistique et du congélateur, dont les travaux sont entamés à 95%. Cela représente un investissement de 12 millions sur les 15 prévus."

Du côté du promoteur, le soulagement est évidemment grand. "Nous n’avions pas compris la décision du ministre, nous avions été très surpris. Aujourd’hui, nous savons que les travaux vont reprendre. C’est une bonne nouvelle pour les 12 personnes qui ont déjà été recrutées et qui sont actuellement en formation, et pour celles qui seront recrutées dans les prochains mois." Entre 15 et 20 personnes devraient être engagées au final.

Pour l’heure, Clarebout ne se prononcer pas sur le timing. Le chantier a évidemment pris du retard et ne pourra probablement pas être terminé dans le courant du mois de juillet, comme espéré initialement. "Nous allons reprendre contact avec tous les intervenants, voir les disponibilités,… Nous arrivons en période de congés du bâtiment, ce ne sera donc pas simple."

Le ministre Carlo Di Antonio confirmait ce jeudi soir l'intention de la Région wallonne d'aller en recours contre cette décision du tribunal civil.