C’est un coup de pression qui semble porter ses fruits et qui prouve qu’à Frameries, la mobilisation des riverains face au géant de la frites, Clarebout, ne s’est pas essoufflée. Un gif publié sur Facebook par Florence Defourny, porte-parole du comité la Nature sans Friture, mettant en scène le ministre de l’aménagement du territoire, Willy Borsus (MR) a en effet suscité une réaction directe de ce dernier.

"Willy Borsus peut sauver notre région en modifier le plan de secteur du terrain de Frameries. Il a promis qu’il viendrait à Frameries et qu’il prendrait une décision Alors Willy… ? Viendra, viendra pas ? Clarebout… Viendra, viendra pas ?" Telle était la question posée au ministre. "J’ai pu prendre bonne connaissance de votre publication. Je me permets d’y répondre publiquement en commentant celle-ci », a réagi le principal intéressé. « Comme je l’ai déjà fait pour d’autres dossiers, et notamment dans le Hainaut, je me rendrai bel et bien sur le terrain."

© D.R.

Aucune date n’est cependant fixée. "Mon intention est d’effectuer ce déplacement une fois que l’administration aura procédé à l’instruction du dossier au sein de mes services, sur base des différents avis qui auront été sollicités auprès des instances consultatives désignées, et bien entendu avant de procéder à ma propre analyse circonstanciée." Le ministre rappelle encore que certaines procédures sont en cours et que divers organismes seront consultés.

Citons le SPW Economie, Emploi et Recherche, ORES, Elia, Fluxys et la SWDE. "Je souligne que le délai de 90 jours à compter de la réception de la demande de révision du plan de secteur est un délai d’ordre. Un éventuel dépassement n’aura bien évidemment pas de conséquence sur la légalité de la procédure. Je ne manquerai pas de vous avertir lorsqu’une date pourra être dégagée après les consultations légalement requises."

Un engagement qui tend à rassurer les riverains mais qui suscite aussi de l’impatience. "Il s’engage à venir et c’est que nous souhaitons, c’est donc une bonne chose. Mais tout cela est très technique et procédurier, nous pensons qu’une décision pourrait être prise plus rapidement", souligne Florence Defourny. "On a toujours l’impression qu’on tente de faire trainer les choses, de noyer le poisson. De notre côté, nous ne pouvons pas nous permettre de laisser la mobilisation retomber."

Pour les riverains, les enjeux sont importants. Le ministre doit se prononcer sur une demande de modification du plan de secteur, qui empêcherait les industries lourdes – comme Clarebout – de s’implanter à deux pas des habitations. "Le terrain n’est pas adapté à pareille activité, cela a été démontré à plusieurs reprises." Et cela devrait encore être le cas via de nouveaux documents, notamment une analyse de bruit dont les résultats seraient sans équivoque.

"Le ministre sollicite Elia, la SWDE, Fluxys,… C’est très bien mais ce sont encore des structures techniques qui soutiennent le développement économique. Où sont les structures qui défendent l’environnement et l’humain ? Nous n’avons pas toujours l’impression que dans ce dossier, les deux parties sont représentées de manière équitable." C’est, in fine, le ministre qui aura le dernier mot. Les riverains n’ont donc d’autres choix que de prendre patience.