La troisième chambre correctionnelle de la cour d'appel du Hainaut a légèrement modifié, mercredi, un jugement rendu par le tribunal correctionnel de Mons contre deux jeunes primo-délinquants qui avaient braqué une pizzeria à Hornu, le 9 janvier 2020, avant de prendre la fuite et de tirer sur les policiers lors d'une course-poursuite vers la France.

Le tribunal correctionnel de Mons avait condamné les deux hommes à une peine de cinq ans, assortie d'un sursis probatoire de cinq ans pour ce qui excède un an. La cour a confirmé le jugement mercredi, mais a prononcé une peine de cinq ans, assortie d'un sursis probatoire pour ce qui excède deux ans, contre l'un des deux prévenus, considérant qu'il était l'instigateur de cette attaque, qu'il avait fourni les armes, qu'il s'était montré le plus violent et qu'il était l'auteur des coups de feu tirés vers les policiers. Le ministère public avait requis, des peines de sept ans de prison ferme, mettant en exergue le traumatisme des victimes.

Le 9 janvier 2020, deux jeunes hommes cagoulés, équipés de gilets par balles et armés d'un shotgun et d'un fusil mitrailleur, avaient fait irruption dans la Pizzeria Del Sole, à la rue de la Fontaine, vers 23 heures. Les deux braqueurs avaient menacé la gérante afin de récupérer l'argent du coffre-fort. Ils avaient finalement forcé l'ouverture du coffre en tirant avec le shotgun avant de porter plusieurs coups sur la gérante. Les deux agresseurs étaient ensuite retournés dans le restaurant pour s'emparer de l'argent de la caisse pour un montant de près de 600 euros.

Soirée d'enfer pour les clients de l'établissement et le personnel. Violents, les braqueurs avaient pointé leurs armes vers les douze personnes présentes dans le restaurant, leur ordonnant de se coucher sur le sol et les menaçant de mort, à plusieurs reprises. Deux personnes avaient été blessées.

Le patron, averti par un cuisinier qui avait réussi à prendre la fuite, avait appelé la police qui est arrivée quelques minutes plus tard alors que les deux hommes fuyaient dans une voiture grise, prenant tous les risques et mettant la vie des autres usagers de la route en danger. Poursuivis par la police boraine, les braqueurs avaient pris la direction de Quévy puis Bettignies pour tenter de s'échapper vers la France. À la frontière, des policiers français appelés en renfort attendaient les braqueurs avec une herse afin de crever les pneus du véhicule. Mais les voleurs avaient forcé le barrage et avaient poursuivi leur route vers Maubeuge avec les quatre pneus crevés. La course-poursuite avait finalement pris fin du côté de Bavay, en France, après que les fuyards aient percuté la berme centrale de la route départementale. Les braqueurs avaient tout de même tenté de s'enfuir en laissant leurs armes dans le véhicule avant que les policiers parviennent finalement à les interpeller quelques instants plus tard. Les braqueurs étaient remis à la Belgique dans les trois semaines.

Originaires de Frameries, les deux individus, âgés d'une vingtaine d'années, étaient inconnus des autorités judiciaires. Le tribunal correctionnel de Mons avait condamné les deux hommes à une peine de cinq ans, assortie d'un sursis probatoire de cinq ans pour ce qui excède un an. Pour le ministère public, cette peine est trop clémente compte tenu de la gravité des faits et du traumatisme subi par les victimes. Il a requis sept ans de prison. L'arrêt sera prononcé le 13 janvier.

La cour a insisté sur le respect des mesures probatoires et espère que cette affaire n'était qu'un cas isolé.