Le dispositif est en accès libre, aucun brevet ne sera déposé.

À situation exceptionnelle, actions de solidarité exceptionnelles. On l’a vu, la crise sanitaire sans précédent que l’on vit actuellement donne lieu à de magnifiques gestes et stimule également la créativité et l’ingéniosité. Au sein du groupe hospitalier EpiCURA, on l’a une nouvelle fois démontré en créant un prototype de respirateur. Coût de ce dernier, moins de 300 euros alors que pour acquérir un respirateur "traditionnel", il faut débourser entre 25 et 30 000 euros.

Ce prototype, officiellement présenté à la presse ce mercredi, dispose donc d’arguments de poids pour séduire le milieu médical. "Étant donné la situation et le grand nombre de patients hospitalisés sur une courte période, le risque de manquer à un moment donné de matériel n’est pas à exclure. L’UCL a donc lancé un défi consistant à fabriquer un respirateur autonome", explique Frédéric Duprez, kinésithérapeute en soins intensifs et enseignant-chercheur à la Haute École Condorcet Tournai.


Grâce à une parfaite collaboration entre l’UCL (IREC), l’UMons, le laboratoire de l’école Condorcet et la société belge d’étude d’ingénierie en mécatronique Machine Sight, la machine a pu être construire en un peu plus d’une semaine seulement. Elle permettra désormais la prise en charge de patients sous curage, un médicament qui paralyse les muscles afin de faciliter la ventilation artificielle. Autre gros avantage du dispositif : il n’a été conçu qu’avec des matériaux médicaux disponibles dans les hôpitaux, détournés de leur utilité première.

"Aucun brevet ne sera déposé. La technologie sera en open source afin qu’elle puisse être reproduite aisément et par le plus grand nombre. Si quelques vies sont sauvées grâce à cela, nous aurons tout gagné", ajoute Etienne Maréchal, administrateur-délégué de Machine Sight. Si en Belgique, le manque de respirateurs ne se fait actuellement pas sentir, le dispositif pourrait être d’une aide vitale dans les pays moins développés, par exemple le Burkina Faso ou encore le Mali, où quelques respirateurs seulement sont disponibles pour l’ensemble du pays.

Machine Sight travaille actuellement sur une version industrialisée du système de pilotage du prototype. Reste désormais, en parallèle, à communiquer sur le dispositif et sur son accessibilité, via les médias, les autorités wallonnes ou encore l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).