Il ne s’agit pas d’un premier coup de gueule, ni même probablement du dernier. Mais les navetteurs de la ligne Quévy-Mons en ont définitivement assez. Depuis le 7 septembre dernier, le trajet de ces usagers a été allongé en moyenne de huit minutes. De quoi les pousser à réclamer des solutions aussi rapidement que possible.

"Cela fait des années qu’Infrabel doit changer les traverses", explique Gianni Tabbone, porte-parole de Navetteurs.be. "Au lieu de réaliser les travaux, la vitesse a, une nouvelle fois, été réduite à 40 km/h entre Frameries et Mons. Précédemment, les trains roulaient à 90 km/h alors que la vitesse de la ligne est en principe de 140 km/h !"

Et de poursuivre : "À cela viennent encore s’ajouter les désagréments existants comme les problèmes liés aux travaux en gare de Mons, les pannes de matériel ou encore les problèmes d’information aux voyageurs. Ils sont lassés de la situation." D’autant plus que les travaux entrepris ces dernières années avaient laissé espérer des améliorations.

"Depuis 2018, Infrabel travaille sur une partie de cette ligne avec pour impact la suppression des trains, remplacés par des bus, un jeudi par mois en dehors des heures de pointe. Les voyageurs s’étonnent dès lors que cette massification des travaux n’ait pas été mise à profit pour effectuer le remplacement des traverses sur la deuxième voie qui, à présent, se voit imposer une limitation de vitesse pour des raisons de sécurité."

Face à ces difficultés, les navetteurs avaient mis sur pied le groupe de travail de la ligne 96. Ce dernier a visiblement encore du pain sur la planche. "Nous n’avons appris que tardivement ces adaptations. Si nous comprenons que la sécurité doit rester la priorité, nous ne pouvons pas accepter cette nouvelle dégradation de l’offre. Si la ligne se retrouve dans une telle situation c’est parce que les travaux de remplacement n’ont pas été effectués dans les délais et qu’on a laissé se dégrader la situation."

Il faudra pourtant prendre patience : les travaux de renouvellement des traverses devraient s’étaler sur près d’un an. "C’est trop long, trop incertain. Des trains circuleront de nouveau le week-end dès le mois de décembre, après plusieurs années d’absence, mais rien ne semble mis en place pour garantir le maintien de la ligne sur le long terme. Ce nouveau délai pour le renouvellement de la deuxième voie fait planer le spectre d’une mise à voie unique, voire pire…"

Le groupe de travail entend obtenir des avancées. "Nous attendons une réponse rapide d’Infrabel et du Fédéral afin que les budgets soient débloqués d’urgence et que les travaux soient réalités à court terme afin d’éviter que la ligne ne se vide de ses usagers. Comment promouvoir le train s’il devient de moins en moins performant ?" s’interroge encore Gianni Tabbone. Une question à laquelle de nombreuses personnes n’ont probablement pas encore trouvé la réponse.